Lettre 140 : Pierre Bayle à Jacob Bayle

[Sedan,] le 2[4] juillet 1677

Je continue à vous plaindre M[onsieu]r e[t] t[res] c[her] f[rere], de l’embarras où vous vous trouvez à cause de votre succession [1]. Cela me fait souvenir du proverbe qui porte, que qui terre a, guerre a. Bien de gens ne conteroient pas pour une affaire cette sorte de tracas, mais de l’humeur dont je vous ai veu, et dont je me trouve moi meme, je suis seur que ce n’est pas là ce qu’il nous faut. Je loüe Dieu de la benediction singuliere qu’il repand sur vos labeurs, quand il s’agit d’edifier un grand troupeau, et je ne doutte pas que tous vos auditeurs ne vous jugent digne d’un plus beau theatre que celui où vous paroissez d’ordinaire. Continuez à m’instruire des incidens de vos voyages et des succez* de votre ministere, car rien du monde ne me sauroit etre plus agreable. Ce que vous me dittes qu’une indisposition empeche n[otre] t[res] c[her] e[t] t[res] h[onoré] p[ere] de se charger des brouilleries de votre heritage, me met dans une cruelle inquietude, et je vous prie de m’eclaircir ce que c’est, et si cela l’empeche d’exercer sa charge ou en tout ou en partie. Je prie le bon Dieu continuellement de le remplir de ses benedictions et de lui donner une longue et heureuse vieillesse. Je me donnai l’honneur de lui ecrire lors que j’appris que Mr de La Riviere partoit pour le Masdazil, car je lui envoyai un paquet [2], où je mis entr’autres choses le Traitté de la devotion de Mr Jurieu [3], et son sermon sur la nuée de temoins [4], avec un Journal des scavans qui se trouva par hazard en ma disposition. Puis que cet ami est arrivé dans sa patrie depuis quelque tems, il faut croire qu’il a deja rendu mon paquet. Nous nous etions ecrit à plusieurs reprises [5], et on ne peut rien ecrire de plus honnete ni de plus ami que ses lettres. Vous m’obligerez de lui temoigner mon estime et ma reconnoissance.

Comme j’avois ecrit à Mr Gaillard depuis mon etablissem[en]t* icy je m’attendois de jour en jour à recevoir quelque reponse. Enfin je receus un billet de sa part il y a 8 ou 10 jours, par lequel il me dit qu’il avoit veu avec plaisir la lettre que je lui avois ecritte de G[eneve] et plus agreablement encore celle que je lui envoiai d’icy apres mon installation [6]… Il se plaint de ce que je ne lui ai rien marqué de particulier touchant l’etat de m[on] p[ere] son ancien ami, et touchant le votre qu’il appelle son cher disciple, et m’en demande des eclaircissemens dans la suitte. Je les lui donnerai au premier loisir que j’aurai de lui ecrire. Il est fort bien appointé, sur tout en vertu de la direction qu’il a d’un college wallon. J’ay oui dire qu’il a perdu 2 femmes depuis sa retraitte en Hollande [7].

Je vous serai fort obligé si vous faites partir par le voyage du messager, le Cours du P[ere] Maignan [8]. Je ne su[i]s pas surpris qu’il vous ait couté 3 ecus, car en depit de la misere generale, les livres sont toujours fort chers, ce qui m’empeche d’en achetter, non sans m’exposer à la medisance, car un homme de ma profession qui est sans livres et qui n’en achette point, ne sauroit qu’il ne passe pour gredin*. Je n’y vois aucun remede, et c’est beaucoup si je puis epargner tous les ans dequoi achetter les hardes* necessaires ad vestitum [9] : Vous ne sauriez croire combien tout est icy horriblement cher. Je suis bien aise que n[ot]re cher J[oseph] vous ait eté trouver à M[ontauban] car c’est un bien considerable que de faire souvent des courses de ville en ville, et j’ay bien du regret de n’avoir jamais veu celle où vous etes presentem[en]t dont je me suis fait une idée fort avantageuse. Asseurez de mon amitié et de mon estime tres particuliere vos chers et illustres amis Mrs de La Boissonnade et Debia. Au reste notre phi[loso]phe m’ecrivit coup sur coup 3 ou 4 fois l’hyver dernier ; ce qui m’etoit fort agreable, d’où vient qu’il s’est rallenti ? Je lui ai fait 2 reponses asses amples [10] pour le peu de loisir où [j’e]tois. J’aurai plus de liberté les années suivantes, et si le cœur vous en dit à tous deux [ce c]ommerce* pour[ra e]tre fort reiglé*. / 

J’ay repondu que le Mercure galant avoit eté discontinué dés la 2. année, ce qui etoit vrai mais je ne savois pas qu’on a recommencé à le donner depuis que j’ay quitté Paris [11]. On m’a dit qu’il y en a plusieurs tomes. Au reste souffrés que je vous fasse quelques questions. La 1ere de vous informer d’un medecin qu’on appelle Mr Bayle, dont les ouvrages sont fort estimez [12]. Je croi qu’il demeure à Thoulouze, du moins y etoit il autrefois, logé ches Mr Nolet thresorier du Roy, dans la maison duquel il tenoit des conferences de phi[loso]phie cartesienne, avec un nommé Mr Regis [13] [14]. Le journal de France, d’Allemagne, et d’Angleterre parlent avec eloge de ses livres. Le dernier qu’il a fait est un recueil de problemes et de Dissertations de physiq[ue] et de medecine et il est imprimé à Toulouze [15]. Informez vous d’où il est et où il demeure. La de savoir si l’autheur des Antiquités de Castres, qui s’appelle Borel, est le meme que celui qui a fait les Antiquitez gauloises, et des Centuries d’observations medecinales qui sont fort citées [16]. La de vous informer s’il y a dans vos provinces des gens qui cultivent extremem[en]t la philosophie et qui fassent du bruit, et de m’en apprendre le nom et l’emploi. Mr Martel [17] qui est un curieux à grandes lumieres vous eclaircira sur ces points et sur plusieurs autres.

Je viens d’apprendre qu’il y a eu une occasion* entre les armées de Catalogne dans laquelle les Espagnols ont eu du dessous* [18] ; apprennez m’en les particularitez que vous en saurez, et n’oubliez pas à me parler de nos guerriers, car il m’importe de savoir dans quel corps ils servent, pour prendre mes mesures quand il passera des trouppes par icy [19]. Je me recommande toujours à vos bonnes et s[ain]tes prieres et vous remercie de celles que vous faittes toujours pour moi, je fais la meme chose pour vous tous, priant n[ot]re commun Pere celeste de vous benir abondamment du ciel en haut et de la terre en bas chacun en sa vocation. Je salue l’illustre Mr Rivalz etc.

Je n’ay presq[ue] aucune connoissance des livres nouveaux. On m’a preté une metaphysique fort estimée d’un savant anglois nommé Henricus Morus, de Cambrige imprimée à Londres il y a 4 ou 5 ans [20]. Elle est fort contraire à Mr Descartes, mais il y a beaucoup d’erudition et de force ; il prouve l’existence des esprits par quantité d’experiences de physique qu’il fait voir ne pouvoir etre l’effet de la matiere, d’où il conclut qu’elles ont donc un principe immateriel[.] Il pretend que l’espace n’est autre chose que l’essence de Dieu, et q[ue] cependant Dieu n’est point composé de plusieurs parties, ni divisible, quoi qu’il ait une extension tres reelle. C’est ce q[ue] je ne goute point, et je tiens qu’il n’y a qu’une espece d’extension, asavoir la corporelle et impenetrable[.] Le P[ere] Maimbourg a donné au public l’ Histoire du schisme des Grecs [21], qui est dit on fort agreable, et remplie de quantité de faits curieux et bien narrez. On parle d’un livre intitulé, Les Medecins à la censure [22], on y fait l’apologie de la medecine, mais c’est apres avoir amplement exposé tous les chefs de satyre qu’on fait contre elle, si bien que ceux qui veulent railler les medecins, y trouveront bien leur conte. On a repondu au livre de Mr Lortie sur la Ce[n]e, mais je ne sai de quelle force est cette rep[o]nse [23]. Je lisois dernierem[en]t certaines Lettres de controverse qu’on a fait imprimer depuis environ un an. Elles sont de la façon d’un pretre nommé Gatineau [24]. Toute leur force consiste en certains faits qui concernent la personne de nos premiers reformateurs et sur tout Luther. La violence de son stile et cent autres emportemens qu’on n’a pas eu le soin de supprimer donnent beau jeu à ces Mrs mais au reste dés q[ue] Mr Gatineau est hors de ce fort là et qu’il veut repliquer quelque chose à Mr Claude, il e[st] la foiblesse meme [25]. J’attens vos lettres p[ou]r Mrs Jurieu et Basnage, ce sont des personnes à qui j’ay les dernieres obliga[ti]ons, et le premier est mon continuel mecene. Il a une femme qui est la plus accomplie et la plus honnete personne du monde à qui il ne manque ni beauté ni esprit ni pieté, ni tout ce q[ui] peut faire admirer une femme. On verra bien tot un livre de Mr Jurieu sur la jurisdict[ion] ecclesiastique qui sera un veritable original, car il trouve de biais tout nouveaux p[ou]r repondre aux objections qu’on nous fait sur l’autorité que nous donnons à nos synodes, qui va jusques à declarer heretiques et schismatiques ceux qui ne s’y soumettront point [26]. On dit que le pape n’en fait pas d’avantage, le P[ere] Maimbo[urg] [et] Mr de Condo[m] croyent triomfer le de[bat] [27]

A Monsieur/ Monsieur Ynard not[ai]re royal/ rue Dauriol po[ur] faire tenir s’il/ lui plait à Mr Bayle/ A Montauban

Notes :

[1] Voir Lettre 135, n.29, sur les difficultés de Jacob Bayle, séjournant à Montauban, à achever l’affaire de son héritage.

[2] Voir Lettre 138, p.420.

[3] Voir Lettre 131, n.6.

[4] Le sermon de Jurieu « sur la nuée de témoins » est celui sur l’ Epître aux Hébreux chap. 12, verset 1, que Bayle annonçait sous presse en novembre 1676 : voir Lettre 133, n.26.

[5] La correspondance avec Falentin de La Rivière, mentionnée ici, n’a pas laissé d’autres traces.

[6] Depuis 1669, Jaques Gaillard dirigeait le collège wallon, une institution pour boursiers francophones de l’université de Leyde : voir Lettre 13, n.23. Il ne reste aucune lettre de sa correspondance avec Bayle.

[7] Les veuvages répétés de Jacques Gaillard que mentionne Bayle sont établis par le Fichier wallon. Veuf de Jeanne Verdier (qu’il avait épousée en avril 1649 à Montauban), Jacques Gaillard avait épousé en secondes noces Suzanne Lavergne (Lavernhe), sœur d’un pasteur de Mazamet, en 1657 ; elle l’accompagna en Hollande, le couple laissant à Montauban les plus jeunes de ses enfants, confiés à un oncle ; d’autres naquirent en Hollande, une fille à Bois-le-Duc en 1664 et une autre à Leyde en 1667 ; mais leur mère ne tarda guère à mourir, puisqu’on voit Gaillard épouser en troisièmes noces Jeanne Renaud, à Leyde, en octobre 1672. Si Bayle est bien informé, celle-ci mourut au bout de peu d’années. Jaques Gaillard lui-même devait mourir le juillet 1688 à Leyde.

[8] Sur l’ouvrage du Père Maignan, voir Lettres 107, n.26, 128, n.43, et 133, n.19.

[9] « pour se vêtir ».

[10] Joseph Bayle, étudiant en classe de philosophie ; ses lettres sont perdues. Pierre lui avait écrit à plusieurs reprises : voir Lettres 135, 136, 138.

[11] Bayle a déjà mentionné l’arrêt du Mercure galant après sa livraison de décembre 1673 (voir Lettre 126, n.9) ; le journal reprit en avril 1677, et désormais un volume parut tous les mois.

[12] François Bayle (1622-1709), médecin de l’Hôtel-Dieu de Toulouse, devint professeur à l’université de Toulouse, non pas en médecine, où ses candidatures répétées n’avaient pas été couronnées de succès, mais à la Faculté des Arts. Voir ses Dissertationes medicæ tres publiées à Toulouse en 1672 et recensées dans le Mémoire concernant les arts et les sciences de Jean-Baptiste Denis du 16 mai 1672. Il avait publié plusieurs ouvrages avant ses Problemata medica et physica (Tolosæ 1677, 12°, 2 vol.), recensés dans le JS du 10 mai 1677, et il devait publier une lettre dans le JS du 30 août 1677. François Bayle était un esprit original et critique, enclin à l’empirisme plutôt qu’au cartésianisme : sur lui, voir R. Naves, « Un médecin philosophe au siècle », RHLF, 46 (1939), p.201-210 ; T.M. Lennon et P. Easton, The Cartesian empiricism of François Bayle (New York, London 1992) et D. Foucault (éd.), Médecine et philosophie au siècle : François Bayle, Cahier du centre d’étude et d’histoire de la médecine, Toulouse (mai 1997).

[13] Voir le JS du 10 mai 1677, compte rendu des Problemata Physica et medica (Tolosæ 1677, 12°), JS du 5 juillet 1677, compte-rendu des Dissertationes physicæ, in quinbus principia proprietatum in mixtis, œconomia in plantis et animalibus, causa et signa propensionum in hormine, etc. demonstratur (Tolosæ 1677, 12°) ; et du 13 décembre 1677, Bibliographia  : Problemata Physica et Medica, et Dissertationes Physicæ, opera ac studio Fr. Bayle, Doct. Medici. (Tolosæ 1677, 12°). Bayle fait ailleurs allusion au JS (France), aux Acta eruditorum (Allemagne) et aux Philosophical transactions (Angleterre).

[14] On ne sait rien de plus sur Nolet que ce qu’en dit Bayle ici. Sur Pierre-Sylvain Regis (1632-1707), voir P. Mouy, Le Développement de la physique cartésienne (1642-1712) (Paris 1934), p.145-167 et passim. Après avoir été initié au cartésianisme par Rohault à Paris, revenu à Toulouse, Regis y institua des conférences de 1665 à 1670, après quoi, ayant accompagné le marquis de Vardes à Montpellier, il y reprit la même activité. Il allait s’établir à Paris en 1680 et découvrir que dans la capitale sa profession de cartésianisme comportait des risques qu’elle n’avait pas jusque-là entraînés en province.

[15] Voir le JS du 10 mai 1677, compte rendu des Problemata Physica et medica (Tolosæ 1677, 12°), JS du 5 juillet 1677, compte-rendu des Dissertationes physicæ, in quinbus principia proprietatum in mixtis, œconomia in plantis et animalibus, causa et signa propensionum in hormine, etc. demonstratur (Tolosæ 1677, 12°) ; et du 13 décembre 1677, Bibliographia  : Problemata Physica et Medica, et Dissertationes Physicæ, opera ac studio Fr. Bayle, Doct. Medici. (Tolosæ 1677, 12°). Bayle fait ailleurs allusion au JS (France), aux Acta eruditorum (Allemagne) et aux Philosophical transactions (Angleterre).

[16] La Lettre 65 contient une référence à Borel (voir n.115), mais ce long brouillon, jamais recopié pour être envoyé à Minutoli, son destinataire, rédigé de septembre à novembre 1674, a été plus d’une fois retouché et enrichi de citations par la suite. Il apparaît ici que, si Bayle avait cité Borel dès 1674 – ce qui n’est pas établi – il n’avait pas alors identifié cet auteur comme un Méridional et ne connaissait que son Trésor de recherches et antiquitez gauloises et françoises. A présent il a appris que Pierre Borel a composé Les Antiquitez, raretez, plantes, minéraux et aultres choses considerables de la ville et comté de Castres d’Albigeois (Castres 1649, 8°) et Petri Borelli medici Castrensis historiarum et observationum medico-physicarum centuria prima et secunda. In qua non solum multa utilia, sed rara, stupenda et inaudita continentur cum inscriptionibus quibusdam anticis (Castris 1653, 8°), souvent réimprimés : la dernière édition (Lipisiæ 1676, 8°) est signalée dans le catalogue du JS en 1677. Aux deux premières centuries s’en ajoutèrent assez vite deux autres, une courte Vie de Descartes (Paris 1656), un Discours nouveau prouvant la pluralité des mondes […] (Genève 1657) et diverses observations médicales notées par d’autres médecins que l’auteur. Membre de l’Académie de Castres, Borel était protestant, ce que Bayle ne savait peut-être pas encore. Voir aussi P. Chabbert, « Pierre Borel (1620 ?-1671) », Revue d’histoire des sciences, 21 (1968), p.303-343 ; A. Niderst, Madeleine de Scudéry, Paul Pellisson et leur monde (Rouen 1976) et J.-P. Cavaillé, «  Pierre Borel (1620 ?-1671), médecin et polygraphe castrais. Un curieux et ses mondes », Revue du Tarn, 146 (1992), p.243-281.

[17] Il s’agit de Thomas Martel, « l’avocat ».

[18] Bayle a trouvé dans la Gazette, n° 64, la nouvelle du camp de Castillon du 21 juin 1677, et, dans le n° 69 du 28 juillet 1677, la « Relation de la victoire remportée à Epoüille en Catalogne, par l’armée du Roy, sous le commandement du maréchal duc de Navailles, sur l’armée d’Espagne, commandée par le comte de Monterey, viceroy de Catalogne  ».

[19] La crainte du relaps s’exprime ici encore.

[20] Henry More, Enchiridion metaphysicum, sive de rebus incorporeis succincta et luculenta dissertatio : Pars prima : de exsistentia [sic] et natura rerum incorporearum in genere (Londini 1671, 4°).

[21] Louis Maimbourg, Histoire du schisme des Grecs (Paris 1677, 4°), recensée dans le JS du 24 mai 1677.

[22] Les Médecins à la censure, ou entretiens sur la médecine, par G. de B. (Paris 1677, 8°) dont le JS du 17 juin 1677 avait rendu compte. Les initiales dissimulent Germain de Bezançon, dont on ne connaît guère que le nom et quelques ouvrages.

[23] Sur la réponse à Lortie, voir Lettre 107, n.24.

[24] Sur Gatineau et ses ouvrages, voir Lettre 65, n.165.

[25] Dans sa Lettre de controverse à un gentilhomme de la religion prétendue réformée (Paris 1677, 12°), Gastineau cherchait à répondre à la Défense de la Réformation de Claude ; voir le JS du 15 février 1677.

[26] Jurieu était en train d’achever son Traité de la puissance de l’Eglise, dans lequel on découvre la source de cette puissance, & de quelle manière elle se répand sur les sujets dans lesquels elle est ; on traite de l’autorité des synodes, et par occasion on répond aux difficultés que Mr l’évêque de Condom [Bossuet], & le P. Maimbourg, forment contre les Reformez, sur l’autorité qu’ils donnent à leurs synodes (Quevilly 1677, 12°), en fait surtout dirigé contre le Fasciculum epistolarum que son oncle Louis Du Moulin avait fait paraître en 1676 (Eleutheropolis, 12°), dont l’ardent érastianisme indignait le théologien de Sedan. Voir R. Voeltzel, Vraie et fausse Eglise selon les théologiens protestants français du siècle (Paris 1956). Notons cependant que dans cet excellent ouvrage (p.120, n.23) s’est glissé une simplification abusive concernant Louis Du Moulin : ce dernier était doctrinalement un calviniste fort orthodoxe et condamnait les « erreurs » arminiennes, mais en matière de juridiction ecclésiastique il rejoignait – voire dépassait – les opinions arminiennes.

[27] Bayle songe ici au Traité de la vraie Eglise de Jésus-Christ, pour ramener les enfans égarez à leur mère (Paris 1671, 12°), de Maimbourg, et à l’ Exposition de la doctrine de l’Eglise catholique sur les matières de controverse (Paris 1673, 12°, succédant à l’édition de 1671 imprimée à un nombre très restreint d’exemplaires) de Bossuet : voir Lettre 141, n.21.

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