Lettre 1420 : Jean-Baptiste Dubos à Pierre Bayle

• [Paris, le 26 février 1699] Un petit voyage que j’ai fait à la campagne, m’a empeché, Monsieur de repondre plutost à la lettre que Monsieur Van Velt [1] m’a rendu[e] de vostre part. Monsieur Cuninghuam [2] se dispose à partir la semaine où nous allons entrer [ sic]. Mylord Pawlet [3] qui le mene prendra sa route par Bruselles et par Nimegue pour aller à Utrecht. Com[m]e Monsieur Cuninghuam est con[n]u par touts ses amis pour un homme qui n’escrit jamais et qui fait plus volontiers dix lieues que dix lignes, il est persuadé que vous ne vous scandalizeré point, si je vous fais pour lui la proposition de venir • les rencontrer à Utrecht. Le peu de sejour que Rotterdam demande des voyageurs ne lui permet[t]roit pas de jouir de vostre conversation aussi lon[g]temps qu’il le souhaitte, s’il ne vous voioit que dans cette ville. Le plaisir que vous feré à Monsieur Cuninghuam mis à part, vous seré tres content d’avoir fait ce voyage par l’ac[c]euil que vous recevré de Mylord Pawlet : c’est un jeune seigneur plein d’esprit et de politesse autant q[u]’un courtisan de Versailles, et qui a autant de gout pour les lettres et de discernement pour les livres q[u]’un homme qui auroit tousjours vecu à Oxford ou à Cambridge : il ne se peut rien adjouter au cas qu’il fait de vos ouvrages, et à l’estime qu’il a prise pour vous sur les recits de vos amis, et s’il ne vous propose pas la partie lui meme, c’est qu’il n’est pas encore con[n]u de vous. L’on nous a donné une nouvelle edition de l’ Histoire des boucaniers [4] ; outre plusieurs augmentations repandues dans le corps du livre, on a adjouté l’histoire de toutes les expeditions de ces avanturiers jusques à present. La premiere edition finissoit à la prise de Panama en 1670. Ce livre est en deux tomes et l’ Histoire du voyage du capitaine Sharp dans la mer du / Sud, traduite de l’anglois fera le troisieme volume. Le chevalier Dalerac qui publia l’année derniere son voyage de Pologne sous le nom de Beaujeu [5], vien[t] de faire imprimer, sous le titre d’ Anecdotes de Pologne l’histoire des campagnes de Hongrie jusques en 1689 [6] : ce sont deux in douze pleins de faits curieux dont l’autheur a esté temoin oculaire, et que je vous envoierois si je ne les croiois rimprimez en Hollande. L’ abbé Le Grand va donner sa Relation de l’isle de Ceylan [7]. Pendant son sejour à Lisbon[n]e, il a ramassé quantité de bons memoires sur cette isle, et vous verré que la relation si vantée de Knox [8] n’est pas exempte des fautes les plus grossieres. On vient d’imprimer une dissertation sur le sentiment de Mr Merry touchant la circulation du sang dans le fœtus par le trou ovalaire [9]. Je pour[r]é la mettre dans un petit paquet que Mr de Cuninghuam vous portera. J’oubliois de vous dire qu’il feroit sur lui l’effort de vous escrire deux lignes de Bruselles pour vous marquer le temps et le lieu du rendé-vous qu’il vous demande. Je ne vous diré rien de l’etablissement de l’Academie des sciences, dont je vous sup[p]ose instruit. Je me contente de vous envoier la liste des academiciens qui sont déjà nommez [10]. L’ Histoire des chanoines [11] c’est un livre assez estimé par ceux qui l’ont lu, ce que je n’ai pas fait. Je vous ai deja parlé de l’ Histoire de Ptolemée auletes de Mr Baudelot, je n’ai rien à adjouter si ce n’est que j’ay vu une lettre manuscrite contre ce livre [12] où l’on ne l’ac[c]use pas moins que de ne point scavoir ni grec ni latin. Il est impossible qu’elle ne s’imprime dans peu. On nous a envoié de Londres une critique du voyage du docteur Lister : elle consiste en une description de Londres remplie de minuties et de bagatelles tandis que l’on ne dit rien des plus remarquables. C’est ce que le docteur Lister a fait dans sa relation de Paris [13]. / Nous ne pouvons plus douter que l’affaire de Monsieur de Cambray ne soit decidée à Rome avant la fin du mois prochain [14]. En attendant la decision Monsieur de Meaux et ce prelat continuent tousjours d’écrire l’un contre l’autre. Le dernier se plaint tousjours que Mr de Meaux ne rap[p]orte jamais son texte sans l’alterer et le tronquer [15] et il le menace dans sa derniere • reponse d’un escrit à deux colomnes dont l’une contiendera [ sic] ses propres parolles, et l’autre, les citations qu’en a faites son adversaire. Je ne scais si je vous ai escrit que Mr Perrault a traduit en vers francois les fables d’un Italien qui escrivoit il i a deux cen[t]s ans nommé Gabriel Faerno. Il justifie sa mememoire [ sic] dans la preface sur l’ac[c]usation de plagiat intentée contre lui par Mr de Thou sur l’an 1561 [16], et veritablement il falloit n’avoir point vu les fables de cet autheur pour vouloir qu’elles fussent celles de Phædre. Le livre est dedié à l’ abbé de Dangeau [17]. L’ abbé de Villiers a donné des Entretiens sur les contes des fees [18] pour faire voir l’impertinence de ces ouvrages. C’est sur quoy il ne sera pas contredit. J’aimerois autant faire un livre pour prouver que la rhubarbe est amere et que le vin enyvre, quand l’on en boit trop. Je souhaiterois fort Monsieur que la seule mediocrité des offres que l’on vous a faites vous eut empeché d’i entendre. La dif[f]iculté seroit bientost levée, car on vous en feroit le maistre ; mais je vous promets de ne vous en plus parler [19]. Je vous prie tousjours d’estre persuadé que je n’en suis point moins vostre ami, et que la seule • vue de vous rendre service m’avoit porté à une demarche assez eloignée de mon humeur*. Il ne tiendra pas à moy que je ne rende service à Mr Vanbelle [20] qui est tout ce que vous m’en avé escrit. A Monsieur / Monsieur Bayle / à Rotterdam

Notes :

[1] Nous n’avons su identifier cet intermédiaire – dont le nom est probablement estropié : il s’agit sans doute d’un marchand qui voyageait entre les Provinces-Unies et la France.

[2] Alexander ou Alexandre Cunningham : voir Lettres 481, n.6, 617, n.1, 1359, n.1, et la note suivante.

[3] Alexandre Cunningham – qu’il est difficile de ne pas confondre avec son alter ego Alexander Cunningham : voir Lettre 1359, n.1 – avait obtenu en 1692 le poste de « compagnon » auprès du jeune Lord Poulett afin de « lire et converser » avec lui (Locke, éd. de Beer, n° 1459, 1468, 1497). Les variations d’orthographe pourraient induire en erreur et nous devons l’identification certaine du jeune Poulett à l’obligeance de Christine Jackson-Holzberg, éditrice de la correspondance de Shaftesbury. Il s’agit de John (1668-1743), 4 e baron Poulett et, à partir de 1706 , 1 er earl Poulett ; il était neveu de Thomas Herbert, Lord Pembroke, que Bayle avait croisé pendant les négociations de Ryswick et à qui Locke avait dédié son Essai sur l’entendement en 1690. Michel Le Vassor était allé chez les Poulett dans le Somerset en 1697 (ils résidaient à Hinton St George) : voir sa lettre du 23 avril 1697 (Lettre 1247, n.2). Bayle fait allusion à Lord Poulett dans sa lettre à Shaftesbury du 14 décembre 1700 ; voir aussi l’allusion de Dubos dans ses lettres à Locke du 10 janvier, du 23 avril et du 19 août 1699 (éd. de Beer, n° 2527, vi.532 ; n° 2570, vi.600 ; n° 2612, vi.673). A. Lombard, La Correspondance de l’abbé Du Bos, p.35, n.2, le désigne par erreur comme le fils d’ Archibald Campbell (1658-1703), 10 e earl d’Argyll, créé 1 er duc d’Argyll en 1701 – c’est-à-dire comme John Campbell (1678-1743), le futur 2 e duc d’Argyll et 1 er duc de Greenwich, Lord Lorne – avec qui, nous l’avons vu (Lettre 1359, n.1), Alexandre Cunningham avait voyagé en 1697. Il s’agit de nouveau de Poulett sans doute dans la correspondance de Jean Le Clerc, éd. Sina, n° 345 (du 14 septembre 1703), où il est identifié à Charles Paulet, premier duc de Bolton.Si l’identité du jeune Poulett semble ainsi s’établir, celle du Cunningham dont il s’agit dans la présente lettre paraît inextricable. Selon les hypothèses exposées dans la Lettre 1359, n.1, il semble qu’il s’agisse ici non pas d’Alexandre mais d’Alexander Cunningham.

[4] Alexandre Olivier Œxmelin (ou Exquemelin), Histoire des aventuriers flibustiers appelés boucaniers qui se sont signalés dans les Indes (Paris 1686, 1699, 12°, 2 vol.). L’ouvrage avait déjà été mentionné dans les NRL, juillet 1686, cat. vii, et recensé dans le JS du 22 juillet 1686 : voir Lettres 595, n.14, et 600, n.13.

[5] Franciszek [ou François] Paulin Dalerac, Memoires du chevalier de Beaujeu : contenant ses divers voyages, tant en Pologne, en Allemagne, qu’en Hongrie, avec des relations particulieres des guerres et des affaires de ces païs-là, depuis l’année 1679 (Paris 1698, 8°).

[6] François-Paulin Dalerac (ou Dalairac), Anecdotes de Pologne, ou mémoires secrets du règne de Jean Sobiesky III e du nom (Amsterdam 1699, 8°, 2 vol.).

[7] Joao Ribeyro, Histoire de l’île de Ceylan, écrite par le capitaine J. Ribeyro et présentée au roi de Portugal en 1685, traduite du portugais par M. l’abbé [Joachim] Le Grand (Amsterdam 1701, 12°).

[8] Robert Knox (1640 ?-1720), An historical relation of the island Ceylon, in the East Indies (London 1681, folio ; London 1817, 8° ; Glasgow 1911), traduite en français sous le titre Relation ou voyage de l’isle de Ceylan : dans les Indes Orientales. Contenant une description exacte de cette isle, la forme de son gouvernement, le commerce, les mœurs, les coûtumes, et la religion de ses habitans : avec un recit de la captivité de l’auteur et de divers autres Anglois, et de sa delivrance après vingt années d’esclavage (Lyon 1684-1693, 12°, 2 vol. ; Amsterdam 1693, 12°, 2 vol. ; éd. E. Mayer, Paris 1983).

[9] Jean Méry (1645-1722), Systeme de la circulation du sang par le trou ovale, dans le fœtus humain, avec réponse aux objections (Paris 1699, 12°). Cet ouvrage fut critiqué et fit l’objet d’une nouvelle édition l’année suivante : Observations sur la manière de tailler dans les deux sexes pour l’extraction de la pierre, pratiquée par frère Jacques. Nouveau système de la circulation du sang par le trou ovale dans le fœtus humain, avec les réponses aux objections qui ont été faites contre cette hypothèse [par Guichard Joseph Duverney, Daniel Tauvri, Philip Verheyen] (Paris 1700, 12°), qui fut recensé par Jacques Bernard dans les NRL, mars 1700, art. II, et qui, à son tour, suscita une réplique de Paul Bussière : Lettre [...] pour servir de réponse [...] à Mr. Mery [...] Sur l’usage du trou ovale dans le fœtus. Seconde lettre écrite à un anatomiste de Gand, par Mr. Verheyen [...] au sujet de quelques propositions, par lesquelles Mr. Méry a prétendu répondre à une lettre que led. Sieur Verheyen avoit écrite contre son systéme de la circulation du sang du fœtus par le trou ovale (Paris 1700, 12°). Nous n’avons su localiser un exemplaire de l’édition originale.

[10] Cette liste ne nous est pas parvenue. L’Académie des sciences avait été créée par Colbert en 1666, mais ne reçut ses premiers statuts de Louis XIV qu’en 1699 : Reglement ordonné par le Roy pour l’Académie royale des sciences, du 26 janvier 1699 (Paris 1699, 4°) : voir le compte rendu dans le JS du 23 mars 1699. Les soixante-dix membres se réunissaient au Louvre : il y avait à cette époque dix honoraires, vingt pensionnaires (trois géomètres, trois astronomes, trois mécaniciens, trois anatomistes, trois chimistes, trois botanistes, un secrétaire et un trésorier perpétuels), vingt associés et vingt élèves, ainsi que quatre-vingt-cinq correspondants. Voir E. Maindron, L’Ancienne Académie des sciences. Les Académiciens 1666-1793 (Paris 1895) ; P. Gauja, « L’Académie royale des sciences (1666-1793) », Revue d’histoire des sciences et de leurs applications, 2 (1949), p.293-310 ; E. Brian et C. Demeulenaere-Douyère (dir.), Histoire et mémoire de l’Académie des sciences : guide de recherches (Paris 1996).

[11] Raymond Chaponnel (1636-1700), Histoire des chanoines, ou recherches historiques-critiques sur l’ordre canonique (Paris 1699, 12°).

[12] Charles-César Baudelot de Dairval (1648-1721), Histoire de Ptolémée Aulètes, dissertation sur une pierre gravée antique du cabinet de Madame (Paris 1698, 12°). Nous n’avons pas trouvé trace de la critique manuscrite, qui ne semble pas avoir été publiée. Voir le compte rendu de l’ouvrage de Baudelot de Dairval dans le JS du 3 août, du 16 et du 23 novembre 1699, et celui proposé par Jacques Bernard dans les NRL, juin 1699, art. III ; voir aussi le compte rendu de l’ouvrage de Jean-Foy Vaillant, Historia Ptolemæorum Ægypti regum, ad fidem Numismatum accommodata (Amstelodami 1701, folio) dans les NRL, décembre 1700, art. I. On peut suivre la suite de la carrière de Baudelot de Dairval dans le Journal d’Antoine Galland, éd. F. Bauden et R. Waller avec la collaboration de M. Asolati, A. Chraïbi et E. Famerie (Louvain, Paris 2011-, 4 vol.), s.v.

[13] Martin Lister (1638-1712), médecin naturaliste spécialiste des mollusques, fellow de la Royal Society, avait accompagné à Paris, en 1698, l’ambassade de Lord Portland et avait publié ensuite son journal sous le titre A Journey to Paris in the year 1698 (London, Jacob Tonson 1699 ; éd. R.P. Stearns, Urbana 1967) ; il en existe une traduction française moderne : Voyage de Lister à Paris en 1698, traduit pour 1 re fois, publié et annoté par la Société des bibliophiles françois (Paris 1873). La critique évoquée est une parodie composée par William King (1663-1712), A Journey to London, in the year, 1698. After the ingenious method of that made by Dr Martin Lyster to Paris, in the same year, etc. Written originally in French, by Monsieur Sorbiere, and newly translated into English (London 1698 [1699], 8°). Elle est annoncée et commentée dans les NRL, février 1699, art. VII, et mars 1699, art. VIII, mais elle ne plut pas à Leibniz : voir sa lettre du 13 février 1700 à Thomas Burnett de Kemney (éd. Gerhardt, iii.267).

[14] La condamnation par Rome des propositions quiétistes dans l’ Explication des maximes des saints de Fénelon fut portée dans un bref en date du 12 mars 1699, – manière de contourner les prétentions de l’Eglise gallicane à ne reconnaître les bulles qu’après leur passage devant le Parlement. La formule de soumission de Fénelon est célèbre : « Le pape entend mieux mon livre que je n’ai pu l’entendre ; c’est sur quoi je me soumets. Mais, pour ma pensée, je puis dire que je la sais mieux que personne ; c’est la seule chose qu’on peut prétendre savoir mieux que tout autre, sans présomption. » (Fénelon à Chanterac, le 3 avril 1699). Voir Fénelon, Correspondance, éd. J. Orcibal et al., vol. VIII et IX : La Condamnation des Maximes de saints (3 juin 1698-29 mai 1699).

[15] Sur la bataille d’écrits entre Fénelon et Bossuet, voir Lettre 1401, n.1. Fénelon lançait cette accusation dans ses Lettres [I-III] en réponse à celle de M. l’évêque de Meaux (s.l. 1698, 8°). Après la condamnation, Bossuet protestait qu’il ne mettait en doute ni la droiture du cœur ni la sincérité de la soumission de Fénelon ; celui-ci commentait : « Quinze jours ne peuvent pas m’avoir changé en honnête homme. Mais il n’est pas question d’approfondir ses paroles, et j’en laisse l’examen entre Dieu et lui : nous n’avons plus rien à démêler, lui et moi. Je prie Dieu pour lui de très bon cœur, et je lui souhaite tout ce qu’on peut souhaiter à ceux qu’on aime selon Dieu. » (Fénelon à Beauvillier, 29 mars 1699).

[16] Gabriele Faerno (1510-1561), poète néo-latin, originaire de Crémone, fut invité par le cardinal Jean Ange de Médicis, le futur pape Pie IV, à Rome. Il y travailla à mettre en vers les fables d’Esope ; son ouvrage, inachevé à sa mort, fut publié par Silvius Antonianus : Fabulæ centum, ex antiquis auctoribus delectæ et a Gabriele Faerno, [...] carminibus explicatæ (Romæ 1564, 4°). Charles Perrault le traduisit en vers français : Traduction des fables de Faerne (Paris 1699, 12°) et s’explique sur les accusations lancées par Jacques-Auguste de Thou dans ses Historiarum sui temporis ab anno 1543 usque ad annum 1607 libri CXXXVIII (Genevæ 1620, folio, 5 vol. ; Francofurti 1625, folio, 3 vol.) sous l’année 1561 : « La beauté du stile dont Faërne a écrit ces Fables l’a fait nommer le second Phèdre, quoi qu’il n’en ait jamais veu les ouvrages, qui ne sont venus à nôtre connoissance que plus de trente ans après sa mort ; car ce fut Monsieur Pithou qui l’ayant trouvé manuscrit dans la poussiere d’une ancienne biblotheque, le donna au public au commencement de ce siécle. Monsieur de Thou qui fait dans son Histoire une mention fort honorable de nôtre auteur, prétend que Phèdre ne lui a pas été inconnu, et même il le blâme de l’avoir supprimé pour cacher les larcins qu’il lui a faits ; mais ce qu’il avance n’a aucun fondement et ne peut lui avoir été suggeré, que par la forte persuasion où sont tous les amateurs outrez de l’Antiquité qu’un auteur moderne ne peut pas faire rien d’excellent, s’il n’a un auteur ancien pour modèle. Des cent fables que Faërne a mises en vers latins, il n’y en a que cinq que Phèdre ait traitées, et de ces cinq il n’y en a qu’une ou deux où la manière de les traiter soit un peu semblable, ce qui n’est arivé que par l’impossibilité qu’il y a que deux hommes qui travaillent sur un même sujet ne se rencontrent pas quelque fois dans les mêmes pensées ou dans les mêmes expressions. »

[17] Louis de Courcillon, abbé de Dangeau : voir Lettres 299, n.11, et 642, n.20.

[18] Pierre de Villiers (1648-1728), Entretiens sur les contes de fees et sur quelques autres ouvrages du temps, pour servir de préservatif contre le mauvais goût (Paris 1699, 12°) ; l’ouvrage est annoncé par Jacques Bernard dans les NRL, mars 1699, art. VI,3.

[19] Dubos semble faire allusion à des offres faites à Bayle de rentrer en France : la condition primordiale, sa conversion au catholicisme, constituait un obstacle bien plus important que la médiocrité de la proposition sur le plan matériel. Il se peut que Dubos fasse allusion à des offres qu’il s’était lui-même chargé de communiquer à Bayle lors de son voyage aux Provinces-Unies : Des Maizeaux suggère même (dans une lettre perdue) que le but du voyage de Dubos était de porter des offres en ce sens de la part de Bossuet, – suggestion que Jacques Basnage rejette dans sa lettre du 7 août 1708. Bayle avait déjà reçu une proposition semblable de la part du Père de La Chaize : voir Lettre 468, n.8.

[20] Le « patron » de Bayle à Rotterdam depuis la mort d’ Adriaan Paets : Josua van Belle, seigneur de Waddinxveen, que Dubos avait pu rencontrer lors de son voyage aux Provinces-Unies : voir Lettres 1080, n.7, et 1359, n.4.

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