Lettre 1495 : Pierre Bayle à Jean-Alphonse Turrettini

[Rotterdam, le 13 septembre 1700] Monsieur Je vous ren[d]s mille actions de graces de la peine que vous avez prise de repondre à la question touchant Mr Baulacre [1]. J’ai fait savoir ce que vous m’en avez ecrit, et je ne saurois vous dire bien precisement ce qui en arrivera. Je sai seulement que l’on • a ap[p]ris par une autre voie aussi, sa repugnance pour cet emploi, et la delicatesse de son temperament, et que ces deux raisons semblent detourner de la pensée que l’on avoit. Si j’ap[p]ren[d]s quelque chose de plus positif, je ne manquerai pas de vous l’ecrire. Je vous dois aussi beaucoup de remercimen[t]s, Monsieur, des eclaircissemen[t]s que vous avez eu la bonté de me donner au sujet des editions de l’ Institution de Calvin [2] etc. et du present que vous m’avez fait du Querela ad Gassendum [3] piece curieuse et que j’estime et que je pourrai citer facilement. Mr de Magneville, gouverneur de M rs Molesworth [4], qui me l’a portée de votre part, m’a causé bien de la joie en m’ap[p]renant des nouvelles fraiches et particulieres de votre bon etat. Je vous ap[p]rendrois, si je ne craignois de choquer votre modestie, qu’il m’a confirmé tout ce que je savois deja de l’estime infinie que l’on fait de votre rare merite. Il m’a dit que vous ne menagez pas assez votre santé, et qu’on craint que vos debauches d’etude ne lui deviennent prejudiciables plus qu’on ne voudroit. Permettez moi de vous conjurer de moderer votre ardeur, afin que vous puissiez faire plus long tem[p]s / ce à quoi vous porte votre inclination. Je suis bien aise que vous vous occupiez à rassembler des materiaux sur la vie de vos celebres professeurs, et je voudrois que vous nous donnassiez un ouvrage intitulé Athenæ Genevenses [5]. Il surpasseroit l’ Athenæ Batavæ de Meursius [6][,] tres bon ouvrage d’ailleurs. Vous ap[p]rendrez sans doute bien tot que le synode wallon, de ces Provinces, qui est assemblé dans cette ville depuis le 9 e du courant, et qui finira demain [7] a rejetté la proposition d’introduire dans les Eglises le chant des Pseaumes de M rs Conr[art] et de La Bastide [8]. La plus saine partie de l’assemblée voul[oit se] conformer à ce qui a eté reglé à Geneve, mais la cabale de Mr Jurieu a emporté le dessus. On a publié à La Haie une lettre anonyme contre lui sur ses op[p]ositions à cette entreprise, lesquelles on savoit par une petite lettre imprimée sous son nom [9]. Il est assez maltraité dans la lettre dont je parle. Comme je sup[p]ose que vous voiez de bonne heure les Nouvelles de la rep[ublique] des lettres que Mr Bernard publie ponctuellement le 1 er de chaque mois [10], je ne dois pas me meler de vous parler de nos nouveautez lit[t]era[ires], car tout ce que je pourrois vous en ecrire vous seroit deja c[onn]u. Je ne laisse pas de vous marquer que la querelle de Mr Limborch et de Mr Vander-Wayen ne paroit pas est[re] finie [11], et que les fils de Mr Burman s’y sont melez aiant pub[lié] un ouvrage sous le titre de Burmanorum pietas pour [jus]tifier leur pere des atteintes de spinozisme • dont Mr Limborch a taché de le noircir [12]. L’ouvrage que notre ami Mr Basnage a sous la [p]resse s’avance de jour en jour. / C’est une reponse aux pastorales de l’ archev[êque] de Paris, et de l’ archev[eque] de Rouen, et de l’evesque de Montauban [13]. Il attend incessamment* un exemplaire de celle que Mr l’eveque de Meaux vient de publier [14], et il la refutera aussi. On m’a ecrit de Paris qu’il y paroit depuis peu deux livres en ana, l’un Anonymiana [15], l’autre Santevremoniana [16]. Mr l’abbé Regnier des Marais a publié une traduction en vers francois de quelques endroits du premier livre de l’ Iliade [17], et d’ Anacreon [18]. Je vous prie Monsieur, quand vous verrez Monsieur Minutoli[,] de l’asseurer de mes tres humbles services, et de la reception de la lettre qu’il m’a ecrite par Mr Tourton [19]. Qu’il n’en soit point en peine ; elle est venuë à bon port. Je pren[d]s la liberté de mettre sous votre couvert ce petit billet pour Monsieur Chouet  [20]. Mr Silvestre [21] m’a ap[p]orté la dissertation de Mr de Werenfels [22], dont vous avez eté l’occasion : elle m’a paru tres subtile, et tres forte. Je suis, Monsieur, avec toute l’estime imaginable votre tres humble et tres obeissant serviteur Bayle A Rotterdam, le 13 e de sept[embre] 1700. A Monsieur / Monsieur Turrettin pasteur et / professeur en histoire ecclesiastique / A Geneve

Notes :

[1] Bayle avait posé à Louis Tronchin la question concernant l’aptitude de Léonard Baulacre au poste de précepteur du jeune prince de Nassau : voir Lettre 1483, n.3. Il avait apparemment posé la même question à Turrettini, mais cette lettre ne nous est pas parvenue. Tronchin est sans doute l’« autre voie » à laquelle Bayle fait allusion dans la présente lettre, mais si c’est le cas, sa réponse adressée à Bayle ne nous est pas parvenue.

[2] Voir le DHC, art. « Calvin (Jean) », rem. F : Bayle cite, à la fin de cette remarque, une lettre de Jean-Alphonse Turrettini du 7/18 juin 1700 : voir Lettre 1485.

[3] Laurent Mesme, dit Mathurin Neuré, Querela ad Gassendum de parum Christianis Provincialium suorum ritibus [...] ex occasione ludicrorum, quæ Aquis Sextiis in solemnitate Corporis Christi ridicule celebrantur ([Aix-en-Provence] 1645, 8°).

[4] Sur Peter de Magneville, gouverneur des enfants de Robert Molesworth, voir Lettre 1358, n.2. Aucune correspondance entre Turrettini et Peter de Magneville ou la famille Molesworth ne nous est parvenue, mais John Molesworth figure dans la correspondance de Turrettini : voir Pitassi, Inventaire Turrettini, s.v.

[5] Ce projet de Turrettini ne semble pas avoir abouti, ou bien il s’est réduit au seul discours De sæculo XVII. erudito et hodiernis literarum periculis, oratio academica dicta est statis Academiæ genevensis solennibus, die 14. maii, anno 1703 (Genevæ 1704, 4°), qui traite de façon très générale des progrès de l’érudition accomplis au XVII e siècle partout en Europe.

[6] Johannes van Meurs, dit Meursius (1579-1639), Athenæ Batavæ. Sive, de Urbe Leidensis et Academia, virisque claris, qui utramque ingenio suo, atque scriptis, illustrarunt : libri duo (Lugduni Batavorum 1625, 4°).

[7] Le synode wallon des Provinces-Unies se tint du 9 au 15 septembre 1700 à Rotterdam sous la présidence de Pierre Jurieu. Voir H. Bost, Le Consistoire de l’Eglise wallonne de Rotterdam, 1681-1706 (Paris 2008), p.330-331 : « Le 5 e [septem]bre 1700. Les deputés nommés dans l’acte pre[c]edent [Jurieu, Basnage, Claerhout, Vanderhoven et Caillaud] ont fait rap[p]ort à la compagnie d’avoir mis en main de Messieurs nos venerables burgemestres l’acte du dernier synode de Zutphen et la lettre de Messieurs de Genesve, sur quoy Messieurs les venerables burgemestres leur avoient desclaré qu’ils ne croyoient pas qu’il fût à propos de suivre l’Eglise de Genesve dans la nouvelle version des Pseaumes ; mais qu’avant de ce declarer plus emplement, ils seront bien aise de savoir quel sera le sentiment des autres Eglises sur cette affaire, et que comme le synode ce doit assembler en cette ville nous pourrons les consulter sy nous le jug[e]ons necessaire et qu’ils seront toujours prets à nous donner leurs avis. [...] La compagnie a nommé pour ses deputés au prochain synode qui doit s’assembler le 9 e de ce mois en cette ville Messieurs Jurieu, l’un de ses pasteurs, et Messieurs le dickgrave [ Arnaud de Zuÿlen Van Nÿveld] et Philippe Vanderhoven, ancien.Le 19 e ditto. Messieurs les deputés aux synode ont fait raport de ce qui s’y est passé, et on a deputé M rs Le Page et Clarhaut pour donner connoissance à Messieurs nos venerables bourgemestres de ce qui y a esté arresté touchant les Pseaumes. » Le texte exact des Actes du synode est le suivant : « art. XXI. Sur l’affaire importante renvoyée aux Eglises par l’art[icle] 39 du synode précédent, touchant le changement proposé d’une nouvelle version des Pseaumes pour le service public[,] les instructions de toutes les Eglises ayant été lûës hier, la Compagnie a résolu d’une voix presque unanime, ces deux choses, auxquelles elle s’arreste sous le bon plaisir de nos souverains : la premiere, de n’introduire point l’usage d’une nouvelle version dans nos Eglises wallonnes, et qu’il y auroit des inconvenien[t]s et des difficultez considerables à le faire. La seconde, qu’il est desormais d’une espece de nécessité de retoucher et de corriger dans nôtre ancienne versification plusieurs termes qui ne sont plus entendus, et plusieurs façons de parler, que le cours d’un siecle et demi, et les changemen[t]s de l’usage de nôtre langue ont rendu[es] chocquantes et incommodes. C’est pourquoy la Compagnie a jugé àpropos de commettre le soin de cette correction aux Eglises de Rotterdam, d’Amsterdam, de La Haye, de Leyde, et de Delft, comme plus voisines et plus proches de la Cour, sous ces restrictions et ces limitations. 1°. Que l’on conservera tout le fonds de la version ancienne. 2°. Que l’on ne sortira point des anciennes rimes, que quand la correction sera absolument nécessaire et que l’on ne pourra corriger autrement. 3°. Que l’on ne proposera point dans ces corrections le but de les mettre au-dessus de toute critique, ce qui seroit un tâche impossible en travaillant sur un vieux fonds, et en s’assujetissant à de vieilles rimes[,] mais seulement de rendre moins rude ce qui l’est aujourd’hui davantage ; et tous ceux qui auront des avis à leur donner, pourront leur envoyer des remarques, et au synode prochain elles rendront compte de ce qui aura été fait. [...]art. XXXVIII. On a presenté au synode une edition nouvelle des Pseaumes de Monsieur Conrard, reveuë et corrigée, imprimée chez Pierre Brunel, libraire à Amsterdam l’an 1698, avec revision et correction des prieres de nôtre liturgie, de nôtre catechisme, et de nôtre confession de foy, où l’on trouve des changemen[t]s fort considerables, et qui interessent l’orthodoxie ; la Compagnie avertit toutes nos Eglises de se garder de ces changemen[t]s dangereux, qui pourroient prendre cours, si l’on ignoroit, qu’ils ont été faits sans autorisation et sans commission. » Une lettre fut envoyée pour informer de ces décisions la Vénérable Compagnie des Pasteurs de Genève et Des Reglemens pour les commissaires qui doivent travailler à la correction des Pseaumes et à l’examen de la Bible furent édictés, lus et approuvés par le synode. Nous avons consulté sur ces événements le dossier dactylographié constitué par Pierre Pidoux (état provisoire, décembre 1989) sur la révision du texte des Psaumes et nous remercions J.-M. Noailly de nous avoir communiqué ces documents.

[8] Les premières éditions de l’intégralité des psaumes mis en vers par Clément Marot et Théodore de Bèze datent de 1562. Des projets de révision ont vu le jour vers la fin du XVII e siècle à l’initiative de Valentin Conrart (1603-1675). L’adoption d’une version révisée dans les différentes Eglises réformées a conduit à de nombreuses publications manuscrites ou imprimées. Pour l’histoire de ces révisions, voir F. Bovet, Histoire du psautier des Eglises réformées (Neuchâtel, Paris 1872), p.146-173 ; M. Yardeni, « La querelle de la nouvelle version des Psaumes dans le Refuge huguenot », in Le Refuge huguenot. Assimilation et culture (Paris 2002), p. 73-81. Voir aussi Abel-Rodolphe de Ladevèze, Lettre sur le sujet de l’ancienne et de la nouvelle version des Pseaumes en vers françois. Et maximes ou réfléxions chrétiennes tirées de divers passages de l’Ecriture sainte, mises en vers françois, pour l’usage particulier de sa famille (Amsterdam 1701, 12°), dont un compte rendu parut dans les NRL, juillet 1701, art. VI.iii.

[9] Pierre Jurieu, Avis modeste sur le changements des psaumes (s.l. 1700, 4°), qui provoqua la publication d’un pamphlet attribué à Henri Basnage de Beauval, Apologie en forme de lettre de Monsieur Jurieu, contre les plaintes de la Vénérable Compagnie [des pasteurs] de Genève (La Haye [1700], 4°), une brochure de sept pages composée à « Rotterdam, ce 1 er octobre 1700 ». On en trouve le texte dans l’ouvrage d’E. Kappler, Bibliographie de Jurieu, p.447-456. On peut suivre les réactions des Genevois dans la correspondance de Jean-Alphonse Turrettini à partir de la lettre de Jean-Frédéric Ostervald du 24 septembre 1700 : Pitassi, Inventaire Turrettini, n° 1305, 1309, 1312, 1313, 1316, sqq. Voir aussi O. Fatio, Louis Tronchin (1629-1705), une transition calvinienne (Paris 2016), ch.15.

[10] Jacques Bernard avait repris la publication des NRL au mois de janvier 1699 ; au mois d’août 1699, art. VII, il avait donné un compte rendu de l’ouvrage de Rittangel, De veritate religionis christianæ in articulis de Trinitate et Christo ex Scriptura, rabbinis, et cabbala probate. Præfixa est Johannis vander Waeyen Limborgianæ responsio Discussio (Franequeræ 1699, 8°, 2 vol.).

[11] Sur cette querelle entre Johannes van der Waeyen, éditeur de Rittangel, et Philippe van Limborch, voir Lettre 1419, n.23.

[12] Sur cette publication des fils de Frans Burman, voir Lettre 1492, n.4.

[13] Sur cet ouvrage de Jacques Basnage, Traité des préjugez faux et légitimes, ou réponse aux lettres et instructions pastorales de quatre prélats : MM. de Noailles, cardinal archevesque de Paris ; Colbert, archevesque de Rouen ; Bossuet, évesque de Meaux ; et Nesmond, évesque de Montauban (Delft 1701, 8°, 3 vol.), voir Lettre 1466, n.15.

[14] Bossuet, Instruction pastorale sur les promesses de l’Eglise (Paris 1700, 12°), qui fut suivie d’une Seconde instruction pastorale sur les promesses de Jésus-Christ à son Eglise, ou réponse aux objections d’un ministre contre la première instruction (Paris 1701, 12°), à laquelle Basnage répliqua par sa Défense du « Traité des préjugez », ou réponse à la « Seconde Instruction pastorale » de M. Bossuet (Delft 1703, 8°).

[15] On trouve une Bibliotheca anonymiana variis exquisitissimisque libris reserta (Hagæ-Comitis s.d., 8°), publiée par Jean Neaulme, mais il s’agit ici sans doute des Anonimiana, ou mélanges de poésie, d’éloquence et d’érudition (Paris, Nicolas Pépie 1700, 12°), qui parurent le 15 juillet 1700 et furent mis en vente à Amsterdam chez Henri Schelte. Voir l’annonce de cette publication dans l’HOS, septembre 1700, art. XII, p.424, et le compte rendu dans les NRL, mars 1702, art. VII (iii), ainsi que F. Wild, Naissance du genre des ana, p.450-461.

[16] Cet ouvrage de Charles Cotolendi parut sous deux titres : Saint-Evremoniana : ou, dialogues des nouveaux dieux (Paris, Michel Brunet 1700, 12° : achevé d’imprimer le 10 juillet 1700) et Saint-Evremoniana, ou recueil de diverses pièces curieuses, avec des pensées judicieuses, de beaux traits d’histoire, et des remarques très utiles de M. de Saint-Evremont (Amsterdam, Pierre Mortier 1701, 12°). P. Namur, Bibliographie des ouvrages publiés sous le nom d’ana ; accompagnée de notes critiques, historiques et littéraires (Bruxelles 1859), s.v., p.45, juge cet ouvrage « pas aussi mauvais que M. Desmaizeaux veut bien le dire, dans sa Vie de Saint-Evremont [Paris 1705, 12°], p.188. » Voir l’annonce de cette publication dans la lettre de Dubos à Locke du 28 juillet 1700 (éd. de Beer, n° 2748), dans l’HOS, septembre 1700, art. XII, p.424, dans les NRL, octobre 1700, art. VI, p.470, et février 1701, art. II, et dans le Mercure galant, juillet 1700, p.233-236, ainsi que F. Wild, Naissance du genre des ana, p.436-450. Cette publication avait été précédée par une Dissertation sur les « Œuvres meslées » de M. de Saint-Evremond, avec l’examen du factum qu’il a fait pour Madame la duchesse Mazarin contre le duc Mazarin son mari (Paris 1698, 12°), que Cotolendi fit publier sous un nouveau titre : Réflexions sur les divers styles, et sur la manière d’écrire (Paris 1700, 8°), et de nouveau à Amsterdam chez André de Hoogenhuysen (Amsterdam 1700, 8°) : voir Lettres 1363, n.160, et 1384, n.5.

[17] François-Séraphin Régnier-Desmarais (1632-1713), membre de l’Académie française depuis 1670, Le Premier Livre de l’Iliade en vers françois, avec une dissertation sur quelques endroits d’Homère. On y a joint quelques autres pièces détachées, traduites du grec (Paris 1700, 8°).

[18] Régnier-Desmarais avait publié bien des années auparavant, Le Poesie d’Anacreonte, tradotto in verso toscano e d’annotazioni illustrate (Paris 1693, 8°) ; Bayle désigne ici les pièces qui accompagnaient la traduction d’ Homère (voir la note précédente).

[19] La lettre de Minutoli du 18 juin (Lettre 1484). Sur Nicolas Tourton, voir Lettre 1484, n.2.

[20] Ce billet ne nous est pas parvenu : il s’agit d’un billet adressé à l’imprimeur Léonard Chouet, qui constituait la « voie de Genève » pour l’envoi de livres (voir Lettre 1348, n.17), ou bien à l’ancien professeur de philosophie, Jean-Robert Chouet : voir Lettre 1480, n.3.

[21] Il s’agit apparemment de l’ami de Bayle, Pierre Silvestre, médecin réfugié à Londres : il avait fait un voyage en Italie (comme le signale une note de l’article « Lazzarelli » du DHC : voir Lettre 1500) et avait dû passer par Genève et Rotterdam sur le chemin du retour. Voir aussi Lettre 1500, n.1.

[22] Samuel Werenfels (1657-1740), Judicium de argumento Cartesii pro existentia Dei petito ab ejus idea, et vindiciæ hujus judicii contre epistolam apologeticam J.H.S. cui præmissa epistola ad Theodorum Gentangulum (Basileæ 1699, 12° ; éd. E. Scribano, Lecce 1998). Cette critique de la démonstration cartésienne de l’existence de Dieu suscita la réponse d’Isaac Jaquelot dans l’HOS, mai 1700, art. V, qui entraîna la réplique de l’ abbé Brillon dans le JS du 10 janvier 1701, la duplique de Jaquelot dans l’HOS, septembre 1701, art. XIII, et l’intervention de Des Maizeaux dans les NRL, novembre 1701, art. II, débat qui se poursuit entre Jaquelot et Des Maizeaux dans les NRL, septembre 1702, art. IV, et février 1703, art. IV : voir Broome, An agent in Anglo-French relationships, p.100-107. Sur Werenfels, qui allait être associé avec Turrettini et Ostervald au sein du « triumvirat helvétique », voir Lettre 1250, n.15, A.W. Fairbairn, «  L’Idée d’un philosophe, le texte et son auteur », in A. McKenna et A. Mothu (dir.), La Philosophie clandestine à l’âge classique (Paris, Oxford 1997), p.65-77 ; C. Hermanin, Samuel Werenfels. Il dibattito sulla libertà di coscienza a Basiliea inizi del settecento (Firenze 2003) ; Pitassi, Inventaire Turrettini, vi.264-266, et O. Fatio, Louis Tronchin (1629-1705), une transition calvinienne (Paris 2016), ch.17 : « Tronchin et Ostervald ».

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