Lettre 153 : Pierre Bayle à Joseph Bayle

[Sedan,] le 16 juillet [16]78

Je ne vous redis pas, m[on] t[res] c[her] f[rere], que vos lettres me plaisent extremement, car comme je n’ai point changé de gout, et que vous continuez de m’ecrire du meme air*, avec cette difference que c’est toujours de mieux en mieux, il est facile de conclurre sans que je le dise, que vos lettres produisent leur effect accoutumé. Je me serois mis en etat de vous repondre dés que j’eus achevé de lire celle du 25 juin [1], si mes occupations me laissoient disposer de moi selon ma fantaisie, mais cela n’etant pas il a falu differer de quelques jours, et eloigner d’autant la reception de vos agreables reponses. Mon frere m’ecrivit le 14 may une lettre qui m’apprenoit beaucoup de circonstances, je lui fis reponse quelque tems apres [2], et comme je ne pus pas m’etendre sur les nouvelles des livres, je resolus de lui recrire au premier loisir. En attendant faites lui part de cette lettre dés que vous en trouverez l’occasion. Je ne manquerai pas d’ecrire à Mr Gaillard et à Mr Le Moine sur votre sujet [3], et quant à Mr Jurieu il sait deja que vous achevez v[ot]re phi[loso]phie à Puyl[aurens] et que vous avez dessein de vous consacrer au ministere. Nous pouvons conter sur tous les • offices que vous pourrez attendre de luy.

Je regrette fort Mr Salinier [4] dont l’esprit et l’erudition etoient fort considerables. Or comme à propos de cet habile homme vous m’avez parlé de Mr le comte de Rabat, agreez qu’icy je vous demande 3 choses concernant cette maison. La en vertu dequoy ils prennent le titre de Rabat, s’il y a effectivement une terre qui s’appelle ainsi, ou si c’est le nom de quelq[ue] famille qui soit fondue par mariage dans celle de Foix d’où ils descendent. La 2e si le vicomte de Rabat frere du marquis dernier mort, et qui etoit dans un divorce continuel avec lui, fait quelque figure, et vit bien* avec le comte de Rabat d’aujourdhuy, sans oublier le lieu où il fait son sejour ordinairem[en]t. La 3e qui est le comte de Rabat d’à present, en quel degré il est parent des autres, de quel age, de quelle considera[ti]on dans son pays, n’allant point à la guerre pendant q[ue] les grands seigneurs des autres provinces sont tous dans le service [5]. Les Gascons sont en reputation d’etre guerriers, cepend[an]t je ne connoi point de province où il y ait tant de gens de la p[remi]ere volée qui croupissent sur leurs terres sans aucun emploi digne de leur naissance. J’ai seu depuis mes dernieres lettres que celui dont je vous demandois des nouvelles s’appelle d’Urban et non pas Durban [6] ; mais pour sa qualité et sa patrie je n’ay decouvert quoi que ce soit. Vous etes plus en etat de decouvrir cela q[ue] moi parce que vous pouvez voir des gens qui ont servi sous lui en Catalogne. Vous m’avez extremement obligé en me particularisant les noms des capitaines des 2 regimens qui ont hyverné dans le comté de Foix, et la patrie de quelques uns [7]. J’ay naturellement une avidité prodigieuse pour ces sortes de connoissances. Le Mercure galant du mois d’aout a traitté Mr de Villeneufve de marquis, et en a parlé avec eloge, remarquant qu’il avoit eté blessé au combat d’Epouille [i]. J’ay leu la longue relation que le gazetier de Paris a donnée du siege de Puycerda, qui fait assez comprendre que les assiegez se sont vigoureusement / defendus, et qu’ils nous ont tué • beaucoup de monde [8]. Mr de La Villedieu [9] capitaine aux gardes, et marechal de camp, qui y a eté tué, passoit pour fort brave. Il y a plusieurs officiers generaux dont les noms ne me sont guere connus, comme Mr de Surlaube [10], et Mr de Muralt brigadiers [11] ; Mr de La Mothe La Myre [12], ingenieur en chef ; Mr de Casaux marechal de camp [13] etc[.] On met parmi les morts le chevalier de Pondieu lieutenant dans le regiment de Navailles ; ne seroit ce point le meme q[ue] vous m’avez marqué q[ui] avoit tué Comminges et q[ue] vous appelliez Pondeü ? Vous avez oublié de m’eclaircir qui etoit ce Pondeü là, et quel sujet de querelle il avoit eu, ce que je vous avois demandé aussi bien que la querelle q[ui] fit perdre la vie à Mr de S[ain]t Martin oncle de Mr Malide [14]. De peur de tomber dans un pareil inconvenient, je ne vous ecris jamais sans avoir vos lettres devant mes yeux, et sans examiner tous les points qui demandent quelque reponse[.] Mr Cohade est fort estimé, il regente la philosophie avec beaucoup d’honneur dans le college du Plessis [15], Mr de Mellez l’a souvent loüé dans son Introduction à la philosophie [16], voila les endroits par où il m’est connu, car du reste je n’ay point veu de ses ecrits ; et po[ur] Mr de Mellez je ne sai encore si tout son cours a veu le jour, je sai bien que celui de Mr Barbay celebre professeur du college de Beauvais est imprimé depuis 2 ou 3 ans en 6 tomes in 12° [17]. Il est fort bon, mais je fais encore plus de cas de celuy q[ue] Mr l’abbé Colbert vient de faire imprimer apres l’avoir dicté dans le college de Bourgogne ; il est de 4 tomes in 12° plein de nouvelles decouvertes, et traittant neantmoins tout ce qu’il y a de plus connu dans la vieille philosophie, d’où vient qu’il intitule son livre Phi[loso]phia vetus et nova ad usum scholæ accommodata etc [18][.] Si vous lisez le Journal des savans, il vous en aura donné une grande idée ; et vous y aurez aussi appris q[ue] Mr Bernier a achevé d’abbreger Gassendy, et que son travail imprimé à Lyon est de 8 volumes in 12° [19]. Les dames du Fossat [20] et celles du Carla seront bien tot au rang de celles q[ue] Mr de Sentenac [21] appelloit les desolées ; ce sont des filles sur le retour, et elles m’ont bien la mine de vieillir sans changer d’etat ; je n’entends jamais parler d’aucun mariage. Je vous prie de feliciter notre cher et bien aimé Freinshemius de son consulat [22], et de l’assurer que je suis son tres humble serviteur. Je me represente souvent son collegue avec cet horrible chapeau dont vous m’avez entretenu, et cela me fait rire. Rien ne seroit plus rejoüissant pour moi que de voir vos Mrs debitant leurs gasconismes et les nouvelles de leur tems.

Je trouve que la famille de Mr Dusson e[st] dans une belle passe, car s’il est vray q[ue] S[ain]t Martin soit mestre de camp* des dragons de la reyne [23], il est dans un poste où on a veu depuis peu le chevalier d’Hocquincourt fils d’un marechal de France [24], car il fut tué peu de jours / avant que Mr de Turenne [ne fût nommé] [25] à la tete de ce corps : mais au reste le Mercure en nous apprenant la fete de Mr de La Quere [26], nous dit q[ue] ce fut à Montpellier qu’elle se donna, cepend[an]t vous me dites que ce fut à Castres, il y a plus d’ apparence* q[ue] vous ne vous trompez pas, etant si pres du lieu où demeure Mad le de La Verune [27]. J’avois ouy dire q[ue] Mr le marquis de Malauze avoit epousé cette riche demoiselle Thomas [28], d’où vient donc que Mr de La Quere la trouve encore [n]o[n] mariée ? Eclaircissez moi cette enigme.

Mr de Malauze e[st] un de ces grands seigneurs qui croupissent dans leur province sans gloire, pendant q[ue] ses cousins Mrs de Roye à l’age de 15 ans sont capitaines de cavalerie [29] et en remplissent exactement toutes les fonctions. Mad le de Malauze [30] fit ecrire il n’y a pas long tems à Mad le Jurieu pour la prier de lui envoyer par la poste le Traitté de la devotion, de Mr son mary. On fut bien aise de lui voir ce bon mouvement, car on ne se promet pas beaucoup de sa persevera[n]ce, et comme elle ayme le monde, et qu’elle est à Bezançon aupres de Mr le duc de Duras, bigot de son metier et qui la sollicite fort • de changer de religion, on attend presque de gazette en gazette de la voir au rang des pretendues converties, à l’exemple de Mad lle de Duras sa tante qui a fait le saut depuis quelq[ues] mois [31]. Vous avez seu que Mr Claude eut une conference à son occasion avec Mr l’evesque de Condom ches Mr le comte de Roye [32]. Mais vous ne savez pas peut etre qu’il s’y fit estimer par son adversaire à un tel point qu’il en a parlé au Roy, et luy a dit q[ue] s’il n’avoit pas eu la verité de son coté, il eut succombé sous la force d’esprit et la science de Mr Claude, qui au reste avoit toujours gardé la moderation que Sa Majesté veut et entend que l’on garde envers sa religion dans ses etats ; le Roy en parla à Mr • le comte de Roye, et lui temoigna de l’estime pour le ministre qui avoit eté le tenant de la dispute. Je suis bien aise des particularitez que vous m’apprennez de dom Vidal d’Auch [33]. Celui que vous appellez Jean Le Bret, s’appelloit Jean de Wert, celebre capitaine, quoi que fils d’un paysan allemand [34]. Vous avez voulu dire Louys 13 sans doutte, lors que vous me marquez q[ue] Picolomini perdit une bataille sous le regne de Henry 3[.] Dans l’occasion je vous prie de remettre ces Mrs sur ce chapitre afin de savoir ce que devint dom Emanuel d’Auch, et si ce fut dans la bataille que Picolomini perdit aupres de Leipsic contre le general Torstenson Suedois l’an 1643 q[ue] dom Emanuel d’Auch se signala [35]. J’avois ouy dire que Mr Duncan s’en alloit à Constantinople avec Mr de Guilleragues nommé à l’ambassade de la Porte et voila que vous me dites qu’il s’est marié [36]. Je ne saurois accorder ces 2 nouvelles. On m’a asseuré qu’il a fait imprimer un livre à Paris en francois, vous me dites qu’il en a un autre tout prêt [37], s’il continue il sera bien / tot autheur de la grande taille.

Je me souviens d’avoir demandé ou à vous ou à m[on] f[rere] qui etoit cette viguiere d’Alby dont je voyois des pieces dans le Mercure galant [38] ; comme vous m’en parlez, il y a beaucoup d’apparence* que c’est à vous que je me suis addressé pour cela[.] Ditez moi si c’est une Parisienne, ou si elle est native de ce pays là, et en meme tems, apprennez moi si on dit l’ archevesque d’Alby ches vous, et s’il y a eu erection en archeveché, car je voy des ecrits imprimez ou on parle ainsi sans qu’on fasse nulle mention de la cause de ce changem[en]t de stile [39]. Je ne fais pas difficulté de vous charger de commissions parce que cela vous engagera à vous informer curieusement de toutes choses, ce qui ne sauroit vous nuire. Mr Perou m’a ecrit une lettre tres obligea[n]te [40], où il me dit de grands biens de vous et de m[on] f[rere.] Je vous prie de lui bien temoigner que j’ay pour lui toute l’amitié et toute la consideration possible, et que je me donnerai l’honneur de l’en asseurer au premier jour ; que je le prie de m’excuser sur mes occupations accablantes, de ce que j’ay eté si long tems sans repondre aux marques qu’il m’a données de son obligeant souvenir ; que je lui aurai bien de l’obligation s’il veut faire avec vous une amitié tres etroite, et en cas qu’il aille au synode [41], faitez qu’il recoive de tous nos amis et parens toute sorte d’honnetetez, car je le considere beaucoup lui et toute sa famille, qui est icy fort considerable. Je n’oublie pas Mr  Jodoin  [42], assurez le de mes tres humbles services. Votre cher camarade Mr Bayze [43] est bien avant dans mon cœur, et tout le bien que vous me dites de luy me plait infiniment. Je ne sai pas si j’iray à Paris ces vacances, vous le saurez si cela arrive [44]. Au reste je ne comprends pas par quelle voye vous avez envoyé à Mr Jurieu la reponse aux memoires [45], car il n’en a rien receu, eclaircissez cela. Puis que vous vous sentez de l’inclina[ti]on au s[ain]t ministere, il faut donner* là et attendre de la grace du bon Dieu un heureux succez, et la benediction de vos veilles et de vos labeur[s.] Je le prie tres instamment de vous accompagner de ses faveurs les plus particulieres et en vous recommandant à sa grace, je vous recommande la crainte de son s[aint] nom, l’assiduité et la constance dans l’etude etc[.] Je souhaitte que n[otre] c[her] f[rere] puisse effectuer le voyage que vous me dites [46], afin que j’aye le bonheur de l’embrasser et de renoüer connoissance avec lui. Comme je suppose que vous envoirez cette lettre au C[arla] je la finis par asseurer M[onsieur] e[t] t[res] h[onoré] p[ere] de mes respects les plus tendres, et des vœux que je fais au ciel pour la prosperité de ses vieux jours. Un compliment pour moi bien tendre, je vous prie, et bien respectueux, à Mrs Rivals oncle et neveu  [47]. Le meilleur livre que j’aye decouvert dans le catalogue de ceux que vous avez leus, est le Traitté contre les athées [48] etc[.] Vous marquez qu’il a eté fait par les Mrs de Port-Royal. Cela peut etre, mais il ne faut pas dire les Mrs, mais seulement Mrs. Vous vous servez du verbe rester, en 2 facons vicieuses, l’une en disant, il resta icy 2 mois : l’autre en disant, je n’ay pas resté de faire cecy ou cela. /

Je viens de lire la rela[ti]on d’un combat donné contre un detachement des imperiaux aupres de Rinfeld où ils ont eté batus, que le mestre de camp du regiment des dragons de la reyne nommé Desneuville ce me semble y a eté blessé [49].

Notes :

[1] Cette lettre ne nous est pas parvenue.

[2] Cette lettre est également perdue ; Bayle y répondit par la Lettre 152.

[3] Bayle veut écrire aux professeurs de Leyde qu’il connaît personnellement pour leur faire savoir que son jeune frère compte étudier la théologie.

[4] Ce Salinier, voisin des Bayle, avait déjà été mentionné Lettre 18, p.111 et n.16.

[5] Sur Jean-Roger I, vicomte de Rabat, et la famille des Foix-Rabat, voir Lettres 37, n.14, et 160, n.118, et G. Doublet, « Histoire de la Maison de Foix-Rabat », Bulletin de la société ariégeoise des sciences, lettres et arts, 9 (1903-1904), p.177-202.

[6] Voir Lettre 128, n.30.

[7] Joseph a donc répondu à la question formulée par Pierre Bayle dans la Lettre 150, p. et n.3.

[i] Mercure galant, août 1677, p.194-219. Il avait déjà été question du combat d’Epouille, Lettre 142, p.438. Le « marquis » de Villeneuve du Mercure galant est apparemment le baron dont Bayle parle Lettre 107, n.33.

[8] Voir Lettre 152, n.14 ; Bayle a maintenant lu dans la Gazette l’extraordinaire n°58 : « La prise de la ville de Puycerda par l’armée du Roy sous le commandement du maréchal duc de Navailles », du 14 juin 1678, et l’extraordinaire n°59 : « Articles de la capitulation qui a esté accordée par le maréchal duc de Navailles, général de l’armée du Roy en Roussillon, à Dom Sanche de La Mirande, général de l’artillerie d’Espagne et gouverneur de Puycerda : et la liste des officiers qui sont morts au siège de cette place », du 15 juin 1678. Voir aussi le Mercure galant, mai 1678, p.373, et juin 1678, p.244-302.

[9] Jacques de Gilliers de La Villedieu, maréchal de camp (cité dans les rapports de la Gazette cités à la note précédente), fut tué au siège de Puigcerdà le 18 mai 1678. Lieutenant et aide-major au régiment de Picardie en 1660, il eut le rang de capitaine par commission du 25 juin 1663. Il fit la campagne d’Afrique, se distingua à la prise de Gigery et au combat qui se donna sous cette place en 1664, et obtint une compagnie par commission du 12 décembre de la même année. Il passa avec sa compagnie dans le régiment Dauphin lors de sa création le 15 juin 1667 et servit à la conquête de la Franche-Comté en 1668. Il prit part à tous les sièges de 1672 et à celui de Maastricht en 1673. Etant premier capitaine de son régiment, il eut, le 8 mars 1674, un ordre pour commander l’infanterie qui était dans Philisbourg et celle qui était campée sous cette place. Il conserva ce commandement pendant la campagne et obtint par commission du 26 septembre une compagnie au régiment des Gardes françaises. Nommé pour commander l’infanterie qui passait à Messine par ordre du 24 mars 1675, il s’y rendit avec le duc de Vivonne ; il y fut créé brigadier par brevet du 26 novembre 1676, et maréchal de camp par brevet du 13 janvier 1677. Il partit de Messine au mois de mars 1678 pour se rendre au camp devant Puigcerdà et fut tué lors d’un assaut. Voir Pinard, vi.433.

[10] Bayle a trouvé tous ces noms dans les rapports de la Gazette : voir ci-dessus n.9. Pinard ne nous apprend rien sur la carrière de Surlaube.

[11] Jean-Louis de Muralt fut premier lieutenant-colonel du régiment suisse d’Erlack le 17 février 1672 et servit au siège de Maastricht en 1673. Il combattit à Seneffe en 1674. Il servit au siège de Bellegarde et à celui de la chapelle de Notre-Dame de Cassel en 1675. Il resta à Bellegarde en 1676 et, s’étant particulièrement distingué à la bataille d’Epouilles le 4 juillet 1677, il obtint à cette occasion le grade de brigadier par brevet du 16 juillet. Il devait servir par la suite au siège de Puigcerdà en 1678 ; il y fut blessé, ce qui l’obligea à quitter le service au mois de mai 1679 : voir Pinard, viii.37.

[12] Pinard ne fournit pas de notice sur cet officier ; il obtiendra par la suite la lieutenance de Roi de la citadelle de Pignerol, Mercure galant, décembre 1681, p.329.

[13] Isaac de Béon de Casaux, mousquetaire de la compagnie du cardinal Mazarin en 1658, se distingua lors de l’expédition du marquis d’Humières et à la bataille des Dunes. Il devint lieutenant de sa compagnie en 1659 et y resta jusqu’à sa réforme. Il servit volontaire aux sièges de Tournai, de Douai et de Lille et à la conquête de Franche-Comté en 1668. Il fut fait maréchal de camp le 25 février 1676 et servit en Catalogne. Il passa à Messine en février 1677, et y resta jusqu’au retour des troupes. Employé ensuite à l’armée du Roussillon, il servit vaillamment au siège de Puigcerdà et fut créé lieutenant général le 28 juin 1678. Il obtint ensuite le gouvernement de Bergues en 1679 et celui de Thionville en 1681 : il mourut au moment d’en prendre possession : voir Pinard, iv.308-309.

[14] Sur le chevalier de Pondieu, voir Lettre 128, n.15, et sur Saint-Martin, oncle de Malide, voir Lettre 126, n.12.

[15] Cohade, régent au collège Du Plessis, ne semble avoir jamais rien publié.

[16] Sur ce livre d’ Etienne de Melles, voir Lettre 128, n.10.

[17] Pierre Barbay, théologien, médecin, mathématicien et philosophe d’Abbeville, ancien élève d’ Antoine Arnauld, fut professeur de philosophie pendant quatorze ans au collège de Beauvais à Paris. Il publia en 1675 une série de commentaires sur Aristote : Commentarius in Aristotelis Logicam, Physicam, Moralem, Metaphysicam. In universam Aristotelis philosophiam introductio (Parisiis 1675, 12°, 5 vol.), qui furent tous réimprimés plusieurs fois au siècle, avec un Compendium Theologiæ D. Barbæi (Paris 1685, 12°).

[18] Voir Lettre 152, n.31.

[19] Voir Lettre 101, n.30.

[20] Le Fossat est situé à courte distance en contrebas du Carla sur la Lèze ; il est impossible d’identifier les demoiselles, jeunes et moins jeunes, dont Bayle parle ici.

[21] Sentenac (Saintenac) était le gendre de François d’Usson ; sa femme (ou sa veuve ?) réussit à se réfugier en Suisse après la Révocation.

[22] Sur Guillaume Freyche, voir Lettre 18, n.18 ; comme dans tous les bourgs méridionaux, les chefs de famille du Carla élisaient annuellement deux consuls pour administrer leur ville. Assez vite l’un des deux dut être obligatoirement catholique, puis, dans plus d’un cas, pendant les années précédant la Révocation, aucun des consuls ne put être protestant.

[23] Il y a au moins deux Saint-Martin d’Usson : l’un a été mentionné Lettre 126, n.12, où nous apprenons qu’il est mort : nous ne pensons pas qu’il s’agisse là du jeune d’Usson mort en duel mentionné à la Lettre 5 (voir n.5) ; l’autre est le Saint-Martin d’Usson, dont Bayle demande ici des nouvelles, et dont il a appris qu’il est maître de camp des dragons de la reine.

[24] Le chevalier d’Hocquincourt ou, plus exactement, le comte Gabriel de Monchy, dernier fils de Charles de Monchy, maréchal d’Hocquincourt. Sa mort, le 5 juillet 1675 à l’âge de 32 ans, précéda de peu celle de Turenne : voir la lettre de Mme de Sévigné à Mme de Grignan, du 31 juillet 1675, éd. Duchêne, ii.27.

[25] Nous conjecturons le verbe, oublié par Bayle.

[26] Sur la fête donnée par Tristan d’Usson, sieur de La Quère à l’occasion de son mariage avec M lle de La Vérune, voir Lettre 147, n.56.

[27] Jean Antoine Thomas, conseiller en la Cour des comptes de Montpellier, acheta la terre de La Vérune ; sa fille Judith fut mariée successivement avec François de Brignac, sieur de Beauregard, puis avec M. de Lescours (prénom inconnu), avec qui elle put gagner l’Allemagne après la Révocation.

[28] Guy-Henri, marquis de Bourbon-Malauze, devait abjurer le 12 août 1678, ce qui lui valut de recevoir le régiment de Rouergue le 28 novembre suivant.

[29] Frédéric-Charles de La Rochefoucauld, comte de Roye et de Roucy (1633-1690), fit une belle carrière militaire et, étant zélé protestant, obtint en 1683, ainsi que son fils Frédéric-Guillaume, la permission d’entrer au service du roi du Danemark. Le comte de Roye avait épousé Elisabeth de Durfort, sa cousine germaine, fille du marquis Guy-Aldonce de Duras et d’ Elisabeth de La Tour. Des garçons du couple, le comte de Roucy abjura en janvier 1685 ; un de ses frères avait été tué en 1684, et les cadets furent élevés catholiques. Des filles du comte de Roye, Charlotte réussit à gagner l’Angleterre après la Révocation, devint gouvernante des enfants de George II et épousa le comte de Stafford. Les messieurs de Roye dont parle Bayle ici sont certainement le comte de Roucy et Frédéric-Guillaume.

[30] Henriette de Durfort (fille de Guy-Aldonce de Duras et sœur aînée de Marie, qui donna occasion à la conférence entre Bossuet et Claude) avait épousé en 1653 Guy-Henri de Bourbon-Malauze. C’est la fille de ce couple, prénommée Henriette comme sa mère, qui avait écrit à l’épouse de Pierre Jurieu, Hélène Du Moulin. Guy-Henri de Bourbon-Malauze abjura dès 1678 : voir le Mercure galant, août 1678, p.243-244 ; son épouse et sa fille, retenues en France lors de la Révocation, abjurèrent alors. Sur le Traité de la dévotion de Pierre Jurieu, voir Lettre 131, n.6.

[31] Bayle se trompe en croyant Marie de Durfort (appelée Mme de Duras) tante d’ Henriette, une erreur qu’explique la considérable différence d’âge entre les deux sœurs : quand Henriette se maria en 1653, sa cadette n’avait que quatre ou cinq ans.

[32] Cette conférence eut lieu le 1er mars 1678 ; voir Lettre 152, n.25.

[33] Bayle avait quêté des renseignements sur ce personnage, Lettre 144, n.39. Dom Vidal d’Auch était père de Dom Emmanuel d’Auch. Il s’agit de personnages de l’époque de la Guerre de Trente ans et les renseignements donnés par Joseph Bayle ont l’air d’être contredits par ceux que fournit Jacob Bayle : voir Lettre 160, n.165.

[34] Jean de Wert (ou Weerth, ou Weerdt) (1594-1654), fut un des condottieri au service de l’ Empereur pendant la Guerre de Trente ans ; prisonnier de guerre à Vincennes en 1637, il y fut dirigé par Saint-Cyran, lui aussi prisonnier à cette date. Jean de Wert fut échangé contre le maréchal d’Hondes le 26 juillet 1641. Bayle lui consacrera un article dans le DHC ; voir aussi Dictionnaire de Port-Royal, s.v.

[35] Bayle corrige discrètement les grossières bévues de son frère cadet. Ottavio Piccolomini (1599-1656) était un des généraux des armées de l’Empire. En 1639, il délivra Thionville assiégé par les Français ; il se dirigea alors vers la Bohême, où il arrêta les progrès de Banier et mit l’archiduché d’Autriche à l’abri des armées suédoises. En 1641, il remporta à Neubourg, dans le Haut-Palatinat, une nette victoire sur les Suédois, mais subit, le 23 octobre 1642 dans la plaine de Breitenfeld, une lourde défaite devant les troupes conduites par le général suédois Lennart Tortenson (1603-1651), qui couronna sa campagne victorieuse par la prise de Leipzig.

[36] Nous n’avons pu contrôler le renseignement donné par Joseph Bayle quant au mariage de Daniel Duncan. Gabriel-Joseph de La Vergne, comte de Guilleragues (1628-1685), fut nommé ambassadeur de France à Constantinople en décembre 1677 ; il ne devait y arriver qu’en décembre 1679 : voir Ambassades du comte de Guilleragues et de M. de Girardin auprès du Grand Seigneur (s.l. 1687).

[37] Daniel Duncan, Explication nouvelle et methodique des actions animales (Paris 1678, 12°) ; voir le JS du 5 septembre 1678. L’autre livre « tout prest » est sans doute La Chymie naturelle, ou l’explication chymique et mécanique de la nourriture de l’animal (Paris 1681, 8°).

[38] Bayle a appris le mariage de M lle de Saint-Hippolyte par une lette de la « viguière d’Albi » dans le Mercure galant : voir Lettre 151, n.14, où est précisée la nature des « pièces » publiées par la comtesse Antoinette de Salvan de Saliès dans le Mercure galant.

[39] Le pape Innocent XI érigea Albi en archevêché par bulle datée du 3 octobre 1678, mais visiblement, on n’avait pas attendu cet ultime document pour mettre le changement en œuvre. Les suffragants de l’archevêché étaient les évêques de Mende, Cahors, Rodez, Vabre et Castres ; tous ces sièges dépendaient antérieurement de l’archevêché de Bourges.

[40] Cette lettre de Pérou est perdue (voir Lettre 152, n.13), la réponse annoncée de Bayle aussi. Sur Isaac Pérou, voir Lettre 119, n.22.

[41] Le synode provincial de Saverdun : voir Lettre 152, n.11.

[42] Sur Jodoin, voir Lettre 151, n.7.

[43] Sur Jean de Bayze, voir Lettre 3, n.7.

[44] Ce séjour à Paris ne se fera que l’été suivant, en 1679.

[45] Jurieu avait posé diverses questions relatives à l’organisation de l’académie de Puylaurens ; ce mémoire avait été communiqué à Jacob Bayle (voir Lettre 147, n.57). Peut-être celui-ci l’avait-il fait parvenir à Joseph pour qu’il soit expédié par la poste à Jurieu ?

[46] A plus d’une reprise, il sera question d’un éventuel voyage de Jacob Bayle au nord de la Loire, qui ne se réalisa jamais : voir Lettre 160, p. et n.148.

[47] Laurent Rivals à Saverdun et Elie Rivals à Puylaurens.

[48] Bayle fait de nouveau allusion au Traité de Michel Mauduit : voir Lettre 152, n.18.

[49] Voir Lettre 149, n.33 : en février Créqui assiégeait Rheinfeld. Sur le combat que mentionne Bayle, voir la Gazette, n°61, nouvelle du camp de Langendentz-Lingen du 13 juin 1678, et n°64, nouvelle de Brisac du 19 mai 1678. Voir aussi l’extraordinaire n°69 du 15 juillet 1678 : « Le combat donné aux troupes impériales dans la plaine de Rheinsfeld, par une partie de l’armée du Roy, sous le commandement du maréchal de Créqui : avec la défaite entière de la cavalerie et de l’infanterie des ennemis » : « Le sieur Desnonville [ sic], mestre de camp des dragons de la reyne, a eu une fort grande contusion : et ils [ Desnonville et d’ Ossonville] ont reçu ces marques d’honneur, en faisant très-bien leur devoir » (p.624). Jacques-René de Brizay, vicomte d’Enouville (1637-1710), servit brillamment au siège de Maastricht et à la bataille de Seneffe. Pendant les années suivantes, il servit avec distinction sous le maréchal de Luxembourg et le maréchal de Créquy, et obtint le grade de brigadier par brevet du 30 mars 1683. Nommé gouverneur et lieutenant général du Canada et de la Nouvelle France en 1685, il en revint en 1689 et fut nommé sous-gouverneur des princes frères du duc de Bourgogne : voir Pinard, vi.477.

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