Lettre 5 : Jacob Bayle à Jean Bayle

[A Puylaurens, le 7 avril 1665]
Monsieur mon tres honnoré pere,

Je vous eusse écrit sans doutte lors que le verrier [1] passa dernierem[en]t en cette ville si j’eusse eü quelq[ue] peu de chandelle, tant pour m’acquiter de mon devoir, q[ue] pour obeyr au commandem[en]t que 2 ou 3 de vos lettres m’en faisoient. Mais n’ayant receu vos lettres que le dimanche au soir [2] et le porteur ne m’ayant peu donner quelques heures du lendemain pour vous écrire je fus contraint de me priver de cét avantage avec un extreme regret. Cette priva[ti]on de chandelles où je suis depuis long tems, ayant épuisé tout le credit que je pouvois avoir par 10 ou 12 livres q[ue] j’en ay employées, vous fait voir assés clairem[en]t le piteux état où je suis en ce lieu. Je dois jusqu’aux oreilles comme on parle, et si j’etois obligé à payer quelq[ue] rançon, fût elle d’un double, il me seroit impossible de le faire. Mon habit se dechire, je marche fort legerem[en]t c’est à dire sans talons, et mes bas apres beaucoup de rapiecemens ont de la péne à couvrir mes jambes. Je dis beaucoup en disant cela ; mais je n’use point d’hyperbole, et vous étes je m’asseure persuadé qu’un homme ne peut pas demeurer dans une Academie une année sans recevoir q[ue] tres peu de chose de sa maison. Cela m’a donné beaucoup de chagrin, principalem[en]t depuis trois mois, pendant lequel tems mes études ne m’ont pas reüssi comme je l’attendois parce q[ue] l’esprit n’étant pas dans sa liberté ne peut pas agir avéq[ue] sa force ordinaire. Vous croyés bien q[ue] si je n’eusse pas été logé chés Mons r Malabiou à qui j’ay de tres grandes obliga[ti]ons pour la bonté qu’il a de me nourrir et d’avancer beaucoup pour moy, j’eusse été contraint depuis long tems de m’en retourner au païs ; et méme j’ay été sur le point de m’y en aller ces fétes de Paque. Je differe pourtant d’accomplir ce dessein tant q[ue] je puis, et pourveu que vous ayés la bonté de faire quelque effort de la maniere q[ue] vous le jugerés convenable, je serai bien aise de rester icy. Ce sera sans doutte mon meilleur, et pour mon avancem[en]t dans les études, et pour ma satisfaction propre. Si c’est vôtre resolution, il faut que je vous prie avec toute l’instance et tout l’empressem[en]t dont je suis capable de m’envoyer au plutôt les choses qui me sont necessaires et pour la nourriture, et pour les vetemens. L’une et l’autre de ces choses me manquera bien tôt, si vous n’y donnés ordre par vos bons soins. J’ay grand besoin d’un habit et si vous n’y prenés garde le tems aproche et la belle saison arrive pour cela. J’apprehende q[ue] s’il n’y a pas jour d’avoir de l’argent d’ailleurs q[ue] de Montauban [3] nous serons contraints à mordre l’herbe en ce paÿs. Si cela est je me dispose à aller devorer tous mes chagrins dans nos montagnes. Encore un coup, mon tres honoré pere, faites un dernier effort, pour mon entretien : faites que je reçoive ce que vous jugerés à propos pour ma depence et pour mes habits. Puis que j’ay été privé du manteau avec tant d’incommodité pendant la rigueur de l’hyver, ne permettés pas q[ue] le chaud m’abyme durant cét été. Une doutzaine d’écus suffiront à mon avis pour un habit d’été, et j’useray de grande menagerie* lors q[ue] je seray en état d’y faire travailler. Je prens la liberté de vous conjurer encore, q[ue] vous vous y employiés avéque diligence, Ma grande necessité fait q[ue] je ne puis m’arreter sur ce sujet, et la peur q[ue] j’ay de ne vous exprimer pas mon besoin aussi grand qu’il l’est fait que j’use de beaucoup de repetitions.

Je ne feray pas de difficulté de vous dire, q[ue] le deplaisir que j’ay eü dans mon impuissance à payer Mr Mallabiou m’a empeché de composer la proposition q[ue] je devois rendre depuis si long tems sous Mr Martel. Je n’y travailleray qu’apres que j’auray receu ce que j’attens de votre part parce qu’asseurem[en]t je ne scaurois y bien reussir. Je vous envoye ce que j’ay fait malgré mon chagrin[,] c’est ma proposition du college q[ue] je rendis assés heureusem[en]t et avec assés d’approba[ti]on et de loüange, et quelques reponces q[ue] je fis au Catechisme de la Noël sous Mr Bonafoux [4]. Nous avons fait dessein de rendre tous les dimanches une petite proposition dans ce logis, et cela sera fait par rang, et dans la suitte des textes de l’ep[ître] aux Ephésiens q[ue] m[essieu]rs nos commensaux proposans ont été d’avis de prendre. Je feray l’ouverture dimanche prochain aveq[ue] la grace du Seig[neu]r. J’ay les 2 premiers versets. Mr Bourdin a passé icy quelques jours pour accommoder l’affaire où le fils de Mr Dusson avoit engagé mon cousin [5]. Il en a eü satisfaction et la blessure est déja presque guerie. On croit q[ue] les affaires changeront de face à la Cour pour notre régard, et Dieu veuille arreter les maux que l’on machine contre sa pauvre Eglize en general, et contre céste Académie en particulier [6]. Les fidelles de Privats [7] ont été cruellem[en]t persecutéz de nouveau et parce qu’ils ont été chassés de leurs maisons, et de la joüissance de leurs biens[,] les Eglizes de ce royaume ont été exhortées de s’elargir en aumones. Celle de Castres a donné huit cens livres. Celle ci a donné 10 pistoles, etc. Mr Cregut [8] professeur en theologie à Die fut banni et on espere son rétablissem[en]t parce qu’il est dans sa province du Dauphiné bien qu’il n’y paroisse qu’incognito avec Mr Acaurat [9] ministre de Privats. Le synode du bas Languedoc a été convoqué avec permission pour le 23 de ce mois où sera traittée l’affaire de Mr Arbussy [10] qui a de la pene à se placer à Nimes à cause des divers sentimens qui sont dans ce lieu là. Le peuple et le consistoire ne le voulant point et les presidial etc. le souhaittant. Il semble qu’il y ait quelque fatalité en ces m[essieu]rs. Un jeune professeur en ph[ilosoph]ie partisant de Mons r Amyraut [11] a été mis à Saumur à l’exclusion d’un ministre qui en etoit crû plus digne. Le jansenisme s’etablit puissamment et on fait grand effort pour le supprimer, à la sollicitation des jesuites [12]. Les affaires des royaumes étrangers sont asses calmes et nous n’en avons point de nouvelles. Je finis en vous temoignant ma joye qui a paru sur mon visage avec éclat dans le bonheur du relevem[en]t de ma tres honorée mere. Dieu la veuille tenir en sa protection, et nous la conserver longuem[en]t et heureusem[en]t et vous aussi, mon tres honoré pere puis q[ue] vous étes si utile à l’Eglize du Seigneur et à votre propre famille, pour laquelle et pour tous ceux qui nous appartiennent*, je presente continuellement à Dieu mes prieres. Je suis

Monsieur mon tres honoré pere

Votre tres humble et tres obeissant serviteur et fils BAYLE f[ils]

A Puylaurens ce 7 avril 1665
A Monsieur / Monsieur Bayle f. m. d. / s. E. Au Carla

Notes :

[1] Vraisemblablement, un « gentilhomme verrier » ; ils étaient assez nombreux aux environs du Carla et du Mas d’Azil et avaient presque toujours embrassé la Réforme avec ardeur. Sur cette curieuse catégorie sociale, portée à l’endogamie, dont il subsiste encore des descendants de nos jours, très conscients de leur généalogie et toujours protestants, voir E. et D. de Robert-des-Garils, Gentilhommes verriers : une commanderie, un village (Gabre 1973) et aussi Saint-Quirin [A. Q. H. de Cazenave], Les Verriers du Languedoc (1270-1790) (Montpellier 1904). Un privilège établi par le roi saint Louis permettait aux gentilhommes verriers de fabriquer du verre sans déroger. Toutefois, ils ne le commercialisaient pas et n’en tiraient guère de profit. Ils vivaient le plus souvent dans des lieux écartés, au milieu des bois.

[2] Soit, le 5 avril.

[3] Sur la dette de Robert Isnard, voir Lettre 3, n.2.

[4] Il s’agit apparemment d’une « proposition » faite dans le temple de Puylaurens ; celle-ci mise à part, Jacob Bayle n’a encore fait, à cette date, qu’une « proposition du college », c’est-à-dire, un exercice de prédication sans un auditoire de fidèles. Avant les quatres Cènes annuelles, les pasteurs exposaient le catéchisme et interrogeaient les assistants à ce sujet (en effet, les réformés réprouvaient la notion romaine de foi implicite) ; c’est à pareille occasion que Jacob Bayle avait brillé en répondant à Bonafous : voir Lettre 3, n.8. Ce pasteur, né en 1601, devait mourir en 1676 laissant derrière lui une réputation exceptionnelle de piété et de charité. Après sa mort parut Le Testament de Mr Bonafous, ministre de la parole de Dieu dans l’Eglise reformée de Puylaurens, avec un recueil de ce qui s’est passé de plus remarquable dans ses dernieres heures (Montauban 1677, 12°), réimprimé dans BSHPF, 11 (1862), p.351-55, 471-79, et 12 (1863), p.57-70, 158-69 : voir Lettre 133, n.18.

[5] André de Bourdin, le pasteur du Mas d’Azil (qui devait mourir en 1683), était venu à Puylaurens à l’occasion d’un duel auquel avait pris part son fils Charles (1645-1707) : voir O. de Grenier-Fajal, Biographie de Charles de Bourdin, pasteur du Mas d’Azil (Montauban 1877) et Pradel, Notes historiques sur la ville de Puylaurens, p.180. La présente lettre nous apprend que ce fut un jeune Usson (cousin et des Bayle et des Bourdin, par les femmes, rejeton de la plus importante famille aristocratique protestante de la région) qui avait entraîné Charles de Bourdin dans un duel, probablement à titre de second : voir Dumons, « Un duel à Puylaurens en 1673 », p.513-22. Le pasteur Isaac d’Arrigrand, un Béarnais, père de l’antagoniste du jeune Usson, se reconnut débiteur de « nonante livres » envers son collègue Bourdin (règlement notarié en date du 16 juin 1665) et tout le monde se mit d’accord pour présenter l’affaire comme une échauffourée d’écoliers et non comme un duel en bonne et due forme (que les autorités civiles auraient sévèrement sanctionné). Les responsables des Académies réformées luttaient sans succès décisif contre les penchants au duel qui sévissaient parmi les étudiants : voir De Félice, Les Protestants (1902), p.345-46. C’est vers 1650 qu’apparut cette mode dans les familles de robe, qui guignaient l’inscription sur le registre des nobles, auquel trois générations au service du roi permettaient d’accéder. Les fils de ces robins cherchaient à imiter les nobles et les officiers des troupes qu’ils côtoyaient à l’occasion des cantonnements d’hiver. Notons en passant que le proposant duelliste, Bernard d’Arrigrand, devenu pasteur de Maslacq-Biron en Béarn, subit un dur emprisonnement à la Révocation.

[6] Un enseignement protestant élémentaire s’était maintenu à Montauban (il devait durer jusqu’en 1666) et, à juste titre, on en redoutait l’interdiction qui ne manqua pas de se produire.

[7] L’histoire de la communauté réformée de Privas et des vicissitudes qui la ponctuent est d’autant plus complexe que les conflits entre la ville et ses seigneurs – les barons successifs de Privas, un temps protestants, ensuite catholiques – y ont joué un certain rôle. En schématisant, voici les grandes lignes de cette histoire. Le 2 juin 1629, une déclaration de Louis XIII, qui suivait immédiatement la prise de la ville par les troupes royales, après un siège, interdit aux réformés d’habiter une ville où ils étaient jusque-là nombreux. Cette sanction très dure frappait une communauté qui s’était jointe à la rébellion de Rohan. Dans les années qui suivirent, peu à peu, de facto des réformés revinrent à Privas, avec l’autorisation tacite des autorités, qui n’ignoraient pas leur présence dans la ville saccagée et ruinée qu’elles désiraient voir retrouver un semblant de prospérité. Au surplus, plusieurs couvents s’y étaient implantés, tandis que le pouvoir municipal restait aux mains des seuls catholiques. En 1651, les réformés osèrent rétablir un temple dans la ville même : jusque-là le culte protestant se célébrait hors les murs, dans des bourgades proches. A partir de 1660, le clergé catholique lança une offensive juridique arguant de la déclaration de 1629. Le 11 décembre 1660, le culte réformé fut interdit dans Privas, mais, ce qui fut beaucoup plus grave, un arrêt du Conseil, le 22 février 1664, qui réactivait la déclaration de Louis XIII, fut brutalement mis à exécution : voies de fait, confiscations et spoliations multiples, qui n’entraînèrent cependant qu’un nombre restreint d’abjurations, la majorité des protestants, ruinés ou appauvris, ayant fui la ville pour résider dans ses environs immédiats : voir E. Reynier, Histoire de Privas aux et siècles : vicissitudes religieuses et politiques (Aubenas 1941-1943), et n.9 ci-dessous.

[8] Antoine Crégut, hébraïsant de valeur et pasteur à Montélimar, devint professeur à l’Académie réformée de Die en 1659 (voir E. Arnaud, Histoire de l’Académie protestante de Die en Dauphiné au siècle (Paris 1872), p.81-83) en remplacement d’ Alexandre Dize (ou d’Yze, ou encore, Yse, comme on le lit dans l’article que Bayle lui consacrera dans le DHC), suspendu de ses fonctions et qui suscita mille tracasseries à son successeur. Crégut se rendit en Hollande en 1664, mais, si Jacob Bayle est bien renseigné, il revint assez vite en Dauphiné. On peut même se demander si le voyage en Hollande n’a pas été une simple fiction, largement ébruitée, le banni se cachant simplement dans l’attente d’une amnistie, comportement dont il y a bien des exemples. Car les condamnations au bannissement n’étaient pas très strictement appliquées pour peu que le condamné fît preuve de discrétion.

[9] Le 29 juillet, un arrêt du Conseil interdit l’exercice du ministère au pasteur Paul Accaurat (parfois, à tort, a Coras) (1595-1674), qui avait dûment quitté Privas mais s’était installé dans un bourg tout proche, à Tournon-lès-Privas. Accaurat, qui avait fait ses études de théologie à Genève (voir Stelling-Michaud, ii.3, n o 2089), après avoir été pasteur à Vals, puis à Aubenas, était le pasteur de Privas depuis 1637. On ignorait à Puylaurens que sa convocation initiale devant le Conseil avait été adoucie, en considération de son âge, par une lettre de cachet qui se limitait à le bannir du Languedoc : voir E. Reynier, Histoire de Privas (Aubenas 1941-1943), ii.178. Sa présence en Dauphiné n’avait donc rien d’illégal. Les sanctions à l’égard d’ Accaurat finirent par être levées, puisqu’on le trouve de nouveau en Vivarais, pasteur à Pradel (1667-1669), puis à Annonay (1670-1672), où il mourut octogénaire.

[10] Pour comprendre la carrière de Joseph Arbussy (né à Montauban, en 1624), il faut rappeler qu’il était arrière-petit-fils de Michel Bérauld et petit-neveu de Pierre Bérauld. Celui-ci avait continué l’action de son père, pasteur et professeur à Montauban, qui avait joué un rôle très important au sein du protestantisme français. Michel Bérauld mourut en 1611,et Pierre en 1642. Joseph Arbussy avait donc l’ambition de continuer une tradition lorsqu’il fut nommé, dès 1646, pasteur à Montauban, où on le surnomma « le grand Cyrus » à cause de la préciosité pompeuse de son éloquence. Assez vite, l’étourderie de son comportement et, surtout sans doute, son souci de trouver une formule de « réunion » avec le catholicisme lui attirèrent des ennuis si sérieux qu’en 1659 le synode national de Loudun lui interdit d’exercer le ministère dans le Haut-Languedoc, sans toutefois le déposer. En 1664, Joseph Arbussy fut appelé à Nîmes, bien que le consistoire lui fût hostile : en effet, les officiers du présidial, huguenots mais très monarchistes, avaient certaines sympathies pour ses idées. Les débats nés de cette affaire (voir A. Borrel, Histoire de l’Eglise réformée de Nîmes, 2 e éd., Toulouse 1856, p.258-62) ne prirent fin qu’en mars 1666, date à laquelle Joseph Arbussy dut quitter la ville. Quelques années après – en 1670 au plus tard – il passa au catholicisme. Il devait mourir à Montauban en 1694, pensionné et avocat général à la Cour des Aides. Le frère aîné de Joseph Arbussy, Théophile, né en 1614, ministre de Millau, en fut banni en juillet 1663, à la suite d’une émeute qui entraîna des sanctions sévères à l’encontre de la population réformée de la ville. En 1670, Théophile Arbussy put revenir à Millau, grâce, semble-t-il, aux sollicitations de son frère, nouveau catholique, à qui les autorités ne voulaient rien refuser. En 1674, il devait devenir professeur de théologie à Puylaurens, où il mourut en mars 1680.

[11] Il s’agit du cartésien genevois Jean-Robert Chouet (1642-1731), qui était neveu du théologien Louis Tronchin, d’où sa réputation méritée de sympathie pour l’universalisme de l’Ecole de Saumur, dont Jacob Bayle se fait ici l’écho. Le concurrent malheureux de Jean-Robert Chouet, Pierre de Villemandy, sieur de La Mesniere (vers 1636-1704), avait été étudiant à Montauban et élève d’ André Martel. Il devait succéder à Chouet, quand, en 1669, le Genevois retourna enseigner dans sa ville natale : voir E. de Budé, Vie de J.-R. Chouet (Genève 1899) ; J. Prost, La Philosophie à l’Académie protestante de Saumur (Paris 1907) ; M. Heyd, Between orthodoxy and the Enlightenment : Jean-Robert Chouet and the introduction of Cartesian science in the Academy of Geneva (The Hague 1982).

[12] Les sanctions contre les religieuses de Port-Royal avaient débuté en août 1664 ; en novembre, le roi avait évoqué l’affaire, c’est-à-dire qu’il l’avait déclarée de la compétence exclusive de son Conseil. Cet épisode passionnait les réformés, qui savaient bien que les jésuites étaient, parmi les catholiques, leurs ennemis les plus irréductibles et, de ce fait, suivaient attentivement la résistance janséniste. On sait que la « Paix de l’Eglise » fut instaurée le 23 octobre 1668. Elle interdit toute controverse sur les différentes versions du formulaire par lequel l’archevêque de Paris entendait imposer l’approbation de la bulle Cum occasione (31 mai 1653) du pape Innocent X. Cette bulle condamnait les « cinq propositions » dénoncées par Nicolas Cornet dans l’ Augustinus (1640) de Jansénius. La « Paix de l’Eglise » allait valoir dix ans de répit aux jansénistes qui, pendant cette accalmie, se consacrèrent à la controverse anti-protestante.

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