Lettre 720 : Pierre Bayle à Jacques Lenfant

A Rotterdam le 13 janv[ier] 1689

Votre derniere lettre Monsieur, m’a donné beaucoup de satisfaction en m’aprenant votre arrivée à Berlin [1], ce que je souhaittois de savoir pour n’etre plus en inquetude à votre sujet, et on a raison de l’etre quand on sait que ses amis font des voiages parmi tant de gens de guerre. J’aurois plutot repondu si j’avois eu de nouvelles particulieres à vous aprendre, comme vous le souhaittiez, mais je ne sai que ce que vous savez 4 ou 5 jours apres moi par le moien de nos gazettes, voila toute ma source, car les lettres des particuliers ne contien[n]ent rien de considerable qui ne soit là, et si elles contiennent des choses qui ne soient pas dans la gazette, c’est quelque fait si absurde, ou si eloigné de l’apparence, que la gazette meme n’ose s’en charger. Au reste j’ai eu toutes les peines du monde à dechiffrer votre lettre, tant il y avoit de mo[t]s difficiles à deviner à cause des caracteres equivoques : cela arrive quelquefois à ceux qui reçoivent des miennes, soit que je me hate trop ; soit que j’aye mauvaise ancre et mauvaise plume. C’est où j’en suis presentement, le froid est si apre aujourd’hui que l’ancre se gele au bout de la plume meme aupres du feu.

Il y a 15 jours qu’aucun courrier n’est venu ici d’Angleterre ; il n’en va point non plus en France ni ailleurs de cette isle là : on croit donc qu’on y est occupé à quelque embarquement terrible contre la France, dont on ne veut pas qu’ils ayent en France le moindre vent [2], afin qu’etant surpris ils soient moins en etat de defense. Des 3 bruits qui ont couru en dernier lieu touchant le r[oi] d’Angleterre, l’un qu’il etoit mort, l’autre qu’il etoit retourné à Londres, le 3 e qu’il etoit passé en France, on ne parle plus à present que de ce dernier, que l’on croit seur [3]. Vous avez vu sans doute la lettre que l’ empereur a ecritte à M. le prince d’Orange [4] : on en voit le precis dans nos gazettes, et vous ne sauriez croire combien les bonnes gens de ce pays ci qui s’imaginent que les princes ne doivent pas cacher à leurs alliez leur veritable dessein, mais agir aussi franchement que de bourgeois à bourgeois, sont surpris de voir les loüanges que l’empereur donne à M. le prince de ce qu’il va en Angleterre pour abolir les loix penales sans pretendre faire aucun tort à la possession du roy d’Angleterre [5]. Les esperances que nous concevons ici pour la liberté du Palatinat, et le retablissement prom[p]t de l’edit de Nantes pour le moins, par le moien de l’Angleterre et meme de la maison d’Autriche sont si vives que l’on siffleroit un homme qui oseroit en parler comme d’un peut être [6].

Quant à la Republique des Lettres il semble que ses enfantemens ne soient pas si frequens qu’en tems de paix par deçà*. Car en France il ne paroit pas encore qu’il y ait du changement à cet egard. On y debite le 1 er vol[ume] de la critique de Baronius par le P[ère] Pagi fameux cordelier [7], le 3 e vol[ume] du Dictionn[aire] de Morery [8] ; le Glossarium grec de M. Du Cange [9], le Chronicon Alexandrinum du meme [10], les Analecta Græca des benedictins [11], un Traitté de la verité de la r[eligion] chretienne par le P[ère] Vassor de l’Oratoire [12]. M. Arbussy ministre refugié, fils d’un professeur en theologie à Puylaurens vient d’ecrire contre M. Papin sur la grace et les habitudes infuses [13] ; et M. Basnage fait imprimer une refutation des Variations de M. de Meaux [14].

On vous a mal informé quand on vous a dit que M. Jurieu [15] etoit retombé ; car excepté ses vapeurs qui ne sont pas entierement cessées, il se porte bien, preche de tems en tems, lit et compose, et fait des voiages à La Haye pour des affaires, comme de coutume, il vous fait bien des amitiéz.

Je ne conois à Berlin que les 3 pasteurs du lieu [16], que vous conoissez presentement sans doutte aussi bien que moi. Si vous voiez M. Gautier, je vous prie Monsieur, de lui dire que je suis en peine s’il a reçu la derniere lettre que j’ai eu l’honneur de lui ecrire ; ce qui m’en fait doutter, c’est que je l’avois adressée à M. Ferrand ministre de Cleves [17], qui peut etre s’etoit déjà retiré en lieu plus seur.

Je vous souhaitte toute sorte de prosperités et suis veritablement votre tres humble et tres obeissant serviteur. B[ayle]

Notes :

[1] Dans sa dernière lettre connue adressée à Jacques Lenfant, celle du 12 octobre 1688 (Lettre 718), Bayle avait fait allusion au sac du Palatinat, qui venait de commencer. C’est en raison de ces événements que Jacques Lenfant s’était rendu à Berlin, mais la lettre à Bayle par laquelle il annonçait sa fuite du Palatinat s’est perdue ; elle était datée sans doute du mois de novembre ou de décembre 1688. Chaufepié fournit des dates précises et explique son départ de la façon suivante : « L’invasion des François dans le Palatinat obligea Mr Lenfant de sortir de Heidelberg en 1688. Deux lettres qu’il avoit écrites contre les jésuites, et qui sont insérées à la fin de son Préservatif, ne lui permettoient pas de demeurer à la discrétion d’une Société, dont on ne vante pas la générosité ni la clémence. Il quitta donc le Palatinat au mois d’octobre 1688 [...] et arriva à Berlin au mois de novembre suivant. Quoique l’Eglise de Berlin eût déjà un nombre suffisant de pasteurs, Frédéric électeur de Brandebourg, depuis roi de Prusse, ne laissa pas de lui donner encore Mr Lenfant, qui commença ses fonctions le 21 mars jour de Pâques 1689. » L’ouvrage signalé porte le titre Préservatif contre la réunion avec le siège de Rome, ou apologie de notre séparation d’avec ce siège, contre le livre de M lle de B[eaumont] (Amsterdam 1723, 16°, 4 vol.) ; il était dirigé contre l’ouvrage de M lle de Beaumont, Réponses aux raisons qui ont obligez les prétendus réformez de se séparer de l’Eglise catholique et qui les empêchent maintenant de s’y réunir (Paris 1718, 12°). Chaufepié désigne comme cinquième volume de l’ouvrage de Lenfant : L’Innocence du catéchisme de Heidelberg démontré contre deux livres d’un jésuite du Palatinat, où l’on a joint des discours sur les catéchismes, sur les formulaires, et sur les confessions de foi (Amsterdam 1723, 16°), ouvrage comportant les deux lettres mentionnées comme cause de la fuite de Lenfant, qui avaient dû connaître une diffusion antérieure. Après la Préface (p.iii-xxvii) et la Table des pieces (xxviii), l’ouvrage s’ouvre sur un titre différent : L’Innocence du catéchisme de Heidelberg et de la religion protestante, démontrée en deux lettres d’un protestant contre deux libelles diffamatoires d’un catholique. Ces deux lettres – « Lettre premiere » : p.1-40 (contre le sacrifice de la messe) ; « Seconde lettre. Rêpons au fou selon sa folie, de peur qu’il ne s’estime sage. Proverb. xxvi, 5 » : p.41-84 – sont des textes de controverse doctrinale.

[2] Bayle est bien informé, même si la déclaration de guerre contre la France ne devait se faire que début mai 1689. En effet, à la date de cette lettre, deux mois à peine après l’invasion de l’Angleterre qu’on désigne comme la « Glorieuse Révolution », le changement de régime était loin d’être stabilisé. Jacques II n’avait fui l’Angleterre que quelques jours auparavant, le 2 janvier (nouveau style) 1689 ; Guillaume et Marie ne devaient accéder au trône que le 23 février et la résistance de Jacques II ne devait être écrasée qu’à la bataille de la Boyne en Irlande en juillet 1690. Cependant, au mois de janvier 1689, Guillaume avait un besoin urgent de renforcer ses troupes hollandaises en Angleterre, ce que les Etats Généraux ne voulaient concéder à moins qu’il n’engage l’Angleterre dans la guerre contre la France. C’est ce qu’avait parfaitement perçu l’ambassadeur espagnol à Londres, don Pedro Ronquillo : voir J.I. Israel (dir.), The Anglo-Dutch Moment. Essays on the Glorious Revolution and its world impact (Cambridge 1991, 2003), p.135. Cependant, le blocage du courrier ne découlait pas d’un plan immédiat d’invasion de la France à partir de l’Angleterre, mais tout simplement des préparatifs du coup de force de Guillaume III : tous les courriers entre la France, l’Angleterre, l’Espagne et les Pays-Bas furent bloqués à Maerdyck depuis le mois d’octobre en attendant le départ de la flotte néerlandaise ; retardée par le mauvais temps, celle-ci partit enfin le 10 novembre et débarqua à Torbay le 15 novembre 1688. Voir J.I. Israel, « Propaganda in the making of the Glorious Revolution », in Across the narrow seas. Studies in the history and bibliography of Britain and the Low Countries presented to A.E.C. Simoni, dir. S. Roach (London 1991), p.167-177 ; H. Bost et A. McKenna, « L’Affaire Bayle ». La bataille entre Pierre Bayle et Pierre Jurieu devant le consistoire de l’Eglise wallonne de Rotterdam (Saint-Etienne 2006), Introduction, p.66-70 ; B. Cottret, La Glorieuse Révolution d’Angleterre, 1688 (Paris 1988).

[3] Depuis le débarquement de Guillaume III, Jacques II alternait les velléités de résistance et les périodes d’abattement : le 29 novembre, il arriva à Salisbury, mais apprit le passage à l’ennemi de Lord Cornbury, le fils de son beau-frère Clarendon ; le 4 décembre, il ordonna le recul jusqu’à Reading, et apprit en même temps que plusieurs officiers passaient à l’ennemi, dont le duc de Grafton, fils naturel de Charles II, et John Churchill, son ancien protégé ; arrivé à Londres le 6 décembre, il annonça la convocation du Parlement pour le mois de janvier et envoya trois lords, Halifax, Nottingham et Godolphin, auprès de Guillaume pour connaître ses intentions – sans savoir que ces trois lords étaient eux-mêmes acquis à la cause de l’envahisseur. Le 20 décembre, il confia sa femme, Marie-Béatrice de Modène, et son fils à Lauzun pour qu’ils partent en France ; ils arrivèrent à Calais le lendemain et furent conduits à Versailles. Jacques II s’enfuit dans le nuit du 21 décembre en compagnie du catholique Edward Hales. Ils devaient rejoindre un yacht préparé pour leur fuite à Sheerness, près de Chatham dans l’embouchure de la Tamise, mais furent reconnus par des marins du lieu. Ramené à Londres trois jours plus tard, grâce à l’intervention du comte de Feversham et avec la permission de Guillaume, Jacques y fut accueilli par des feux de joie, tant sa fuite avait créé l’angoisse et le désordre dans la capitale. Il regagna son palais de Whitehall et voulut reprendre les rênes du pouvoir, mais il était trop tard : la municipalité de Londres refusa de garantir sa sécurité. Guillaume envoya un bataillon de cavalerie et quatre bataillons de gardes hollandais, qui entrèrent dans Westminster et encerclèrent Whitehall. Jacques fut invité à quitter Londres le 30 décembre avant midi et s’installa momentanément au palais de Saint-James. Le 2 janvier 1689, enfin, effrayé par les bruits de procès et de condamnation que faisait courir Guillaume, Jacques s’embarqua à Rochester avec son fils naturel James Fitzjames, duc de Berwick ; ils arrivèrent à Ambleteuse, près de Calais, le surlendemain, 4 janvier 1689. On voit que Bayle, quelques jours plus tard, était assez bien informé. Voir M. Duchein, Les Derniers Stuarts, 1660-1807 (Paris 2006), p.255-258.

[4] Nous n’avons pas trouvé de commentaire dans la Gazette sur la lettre de l’empereur Léopold I er au prince d’Orange ; à cette époque, toutes les nouvelles portent sur les premières mesures prises par le prince d’Orange contre les officiers catholiques en Angleterre.

[5] Bayle évoque ironiquement une attitude politique naïve à l’égard de l’invasion de l’Angleterre par Guillaume, alors que, à ses yeux, la politique se conduit sans égard pour la morale : c’est bien là le fondement d’un des paradoxes des Pensées diverses, qui stipule qu’une société chrétienne ne saurait survivre et serait rapidement envahie par les nations voisines : voir E. Labrousse, Pierre Bayle, ii : Hétérodoxie et rigorisme (La Haye 1964), ch. 17 : « La Raison d’Etat », p.497-519.

[6] Le succès de Guillaume annonçait, aux yeux des huguenots réfugiés, un changement dans le rapport de forces internationales : la retraite des troupes françaises du Palatinat, le retour des huguenots en France et le rétablissement de la tolérance du protestantisme sous un nouvel Edit de Nantes. La formule de Bayle témoigne de sa propre réticence, exprimée avec plus de force encore dans l’ Avis aux réfugiés.

[7] Bayle annonce le premier volume du grand ouvrage d’ Antoine Pagi (1624-1699 ?), cordelier originaire de Provence, dans lequel ce chronologiste avait entrepris de réviser les Annales ecclesiastiques de Baronius, ainsi que l’abrégé et la continuation de Sponde : Critica historico-chronologica in Annales ecclesiasticæ Em. et Rev. Cæs. Card. Baronii, ill. et Rev. Henrici Spondani, Appamiarum Episcopo, ejus epitomatoris, ordine servata in qua rerum narratio defenditur, illustratur, suppletur : Ordo temporum corrigitur, innovatur, et periodo græco, romana nunc primùm concinnata, munitur (Lutetiæ Parisiorum 1689-1705, folio, 4 vol.) ; voir le compte rendu de cet ouvrage dans le JS du 7 mars 1689.

[8] Il s’agit du Sup[p]lément, ou troisième volume du Grand dictionnaire historique [...], de L[ouis] Moreri , par l’abbé de Saint-Ussan (Paris 1689, folio).

[9] Charles Du Fresne Du Cange (1610-1688), Glossarium ad scriptores mediæ et infimæ græcitatis. Accedit appendix ad Glossarium mediæ et infimæ latinitatis, una cum brevi etymologico linguæ gallicæ ex utroque glossario (Lugduni 1688, 8°).

[10] Charles Du Fresne Du Cange, πασγαλιον seu Chronicon paschale, a mundo condito ad Heraclii imperatoris annum vicesimum. Opus [...] nunc tandem auctius et emendatius prodit cum nova latina versione (Parisiis 1688, folio). Sur cette édition établie par Etienne Baluze, voir l’annonce dans l’ HOS de Basnage de Beauval, novembre 1688, et le compte rendu, janvier 1689, ainsi que le compte rendu dans le JS du 24 janvier 1689.

[11] Analecta græca sive Varia opuscula græca hactenus non edita, ex mss. codicibus eruerunt, latinè verterunt, et notis illustrarunt monachi benedictini, congregationis sancti Mauri. Tomus primus (Lutetiæ Parisiorum 1688, 4°), par doms Antoine Pouget, Jacques Loppin et Bernard de Montfaucon, dont les noms figurent au privilège.

[12] Michel Le Vassor (1648-1718) est un personnage intéressant, que nous rencontrerons par la suite dans la correspondance de Bayle. Né à Orléans, il y fut élève des jésuites et y fit des études de droit, avant d’entrer brièvement chez les franciscains, puis chez les génovéfains, avant de devenir oratorien le 1 er mai 1667. Il suivit alors des études de théologie à Saumur (1671-72), donna des conférences philosophiques à Rome, théologiques à Notre-Dame de Vertus (1675) et à Nantes ; il retourna ensuite comme professeur de philosophie à la rue Saint-Honoré et au séminaire de Saint-Magloire. Il s’adonna à l’étude du Nouveau Testament et composa deux ouvrages : De la véritable religion (Paris 1688, 4°) – ouvrage marqué par l’influence de Pascal – et un commentaire sur l’Evangile (Paris 1689, 12°) – qui firent tous deux l’objet de comptes rendus dans le JS du 31 janvier, du 7 février et du 28 mars 1689. Il quitta l’Oratoire en 1690, et on le perd de vue entre cette date et son passage à Rotterdam en septembre-octobre 1694 (il avait voyagé en habit ecclésiastique par Lille et Bruxelles) ; il logea chez Bayle à Rotterdam et fréquenta Jacques Basnage et Pierre Jurieu. Au plus tard fin octobre, il quitta Rotterdam pour La Haye (il adressa de cette ville deux lettres à l’oratorien Pasquier Quesnel : Arsenal ms 5781, f.86-88) ; fin 1694 ou début 1695, il débarqua en Angleterre. Il avait été recommandé par les réfugiés huguenots de Rotterdam auprès de Gilbert Burnet, alors évêque de Salisbury (après avoir été l’aumônier de Guillaume III) ; il reçut une pension du roi Guillaume et, sous la protection de Lord Portland, fut nommé précepteur des enfants du duc de Gloucester. Il composa son Histoire du règne de Louis XIII (Amsterdam 1700-1711, 12°, 10 vol.) ; ses protecteurs se détournèrent alors de lui et il mourut dans la misère à Londres en 1718. Voir, sur sa carrière et sur son ouvrage apologétique, A. McKenna, De Pascal à Voltaire, p.428-433 ; D. Boisson, Consciences en liberté ? Itinéraires d’ecclésiastiques convertis au protestantisme (1631-1760) (Paris 2009), p.162-164. Le Vassor est soupçonné d’être l’auteur du pamphlet clandestin Les Soupirs de la France esclave, qui aspire après la liberté (Amsterdam 1689, 4°), pamphlet que Bayle devait attribuer sans raison solide à Pierre Jurieu : sur cette attribution, dont il sera question plus loin, voir F. Kleyser, Der Flugschriftenkampf gegen Ludwig XIV zur Zeit des pfälzischen Krieges (Berlin 1935) ; G. Riemann, Der Verfasser der « Soupirs de la France esclave qui aspire après la liberté » (1689-90). Ein Beitrag zur Geschichte der politischen Ideen in der Zeit Ludwigs XIV (Berlin 1938) ; E. Kappler, Bibliographie de Jurieu, p.424-435 ; D. Boisson, Consciences en liberté ?, p.483-493 ; A. McKenna, « Les Soupirs de la France esclave : la question de l’attribution », in Littérature pamphlétaire et littérature politique clandestine (1650-1750), dir. J.-J. Tatin-Gourier et P. Bonnet (Tours 2011).

[13] Sur Théophile Arbussy le fils, pasteur de Puylaurens, réfugié en Suisse avant de gagner les Pays-Bas, voir Lettres 150, n.10, et 427, n.2. Il venait de publier La Juste Idée de la grace immediate, ou reponse a la critique de la doctrine de Mr. Jurieu sur les habitudes infuses et la grace immediate (La Haye 1689, 12°).

[14] Jacques Basnage, Histoire de la religion des Eglises réformées, dans laquelle on voit la succession de leur Eglises... Avec une histoire de l’origine et du progrés des principales erreurs de l’Eglise romaine ; pour servir de réponse à l’« Histoire des variations des Eglises protestantes » par M. Bossuet (Rotterdam 1690, 8°, 2 vol.). Bayle annoncera la parution de ce même ouvrage à Minutoli dans sa lettre du 6 octobre 1689 (voir Lettre 735, n.5). Il fait la même annonce dans une lettre perdue à Ménage du mois de juin 1689, car Ménage relaie cette information à Pierre-Daniel Huet : « Je reçus avant hier une lettre de Mr Bayle, par laquelle il me mande que la Réponse de Mr Basnage le ministre aux Variations de Mr de Meaux est publiée. Quand vous verrez Mr de Meaux, vous lui en donnerez avis. » Voir L.Caminiti Pennarola (éd.), Lettres inédites de Gilles Ménage à Pierre-Daniel Huet (1659-1692) (Naples 1993), n° 221, p.257.

[15] Sur l’épuisement de Jurieu en juillet 1688, voir Lettre 715, n.4, La Cabale chimérique, II e partie, chap. IX ( OD, ii.672), et Entretiens sur la « Cabale chimérique », III ( OD, ii.700b), 702b-703a).

[16] Allusion à un article de la Lettre 715, n.9. Au début de 1689, les trois pasteurs de l’Église française de Berlin étaient David Ancillon, Gabriel d’Artis et François Gaultier de Saint-Blancard. En effet, Jacques Abbadie, qui y exerçait le ministère pastoral depuis 1680, était parti l’année précédente pour l’Angleterre avec le maréchal de Schomberg (voir Lettre 882). Lenfant lui-même devait être nommé pasteur de cette Église au cours de l’année 1689.

[17] Cette lettre, adressée par Bayle à François Gaultier de Saint-Blancard par l’intermédiaire de Jean Ferrand, pasteur de Clèves, ne nous est pas parvenue. Sur le destinataire, pasteur à Berlin et l’un des dirigeants du Refuge, voir Lettre 341, n.10 ; sur l’intermédiaire, Jean Ferrand, ancien pasteur de Nérac, réfugié en 1683, pasteur à Clèves, chez qui Bayle avait séjourné en août 1687, voir Lettres 244, n.39, et 707, n.3, et S. Mours, « Les pasteurs à la révocation de l’édit de Nantes », BSHPF, 114 (1968), p.97 ; H. Bots, «  Les pasteurs français au Refuge des Provinces-Unies  », dans J. Häseler et A. McKenna (dir.), La Vie intellectuelle aux Refuges protestants (Paris 1990), p.38, n° 156.

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