Lettre 313 : Jean-Baptiste de Rocolles à Pierre Bayle

• [La Haye, le 7 août 1684]

Monsieur •

Vous agreerez que je vous congratule de la continuation avec un si heureux succez de v[ot]re Republique des lettres [1][ ;] je la lis avec d’autant plus de plaisir que j’y trouve souvent les noms de mes amis et de mes anciennes connoissances comme dans le dernier du mois de juin les noms de Mr François Pecquet [2] fameux medecin d’un village pres de Diepe, de Mr Pastarius de Hittenberg [3] avec lequel j’ay eu grand com[m]erce de lettres[,] il m’en reste encore une vintaine et mesme le catalogue de ses livres imprimé[s]. Il m’en a mesme fait present de plusieurs. Il avait chang[é] de plusieurs religions mais il est mort papiste. Le fameux feu Mr de Lumbres ambass[a]d[eu]r en Suede [4][,] juge autrefois de Montreuil en Picardie[,] m’en a fort parlé en un voyage. J’ay beaucoup de memoires en main qui vous pourront estre utiles comme des catalogues des livres de quelques auteurs, des vies comme du Pere Hilarion de Coste [5] le plus grand historien à mon sens après Mezeray [6][,] lesquels deux j’ay connu[s] familierem[en]t et mangé souvent avec le p[remie]r. Pour vous témoigner l’estime que je fais de l’honneur de v[ot]re amitie la premiere fois que vous viendrez icy je vous communiqueray un de mes manuscrit[s] in fol[io] auquel j’ay donné pour titre Scopæ philologicæ [7] dont une bonne partie furent ramassées à Berlin 1675[,] que si vous trouvez un amy qui s’en veuille charger je le luy confieray pour vous estre remy entre les mains pour une 15 [ai]ne. Je me suis avisé de faire imprimer le catalogue des livres que j’ay composez, imprimez ou à imprimer, je vous en envoyeray un exemplaire des qu’on me les aura envoyez d’Amsterdam où ils s’impriment. J’eusse bien souhaité d’y pouvoir mettre parmy ceux qui ont veu le jour ou qui sont sous la presse (ainsi que mon Redoutable aveugle [8]) mes Réflexions hist[oriques] et mor[ales] sur les bévûës des chr[eti]ens etc [9]. Mais un puissan[t] ressort a manqué que j’avois employé sçavoir Mr Van Beunin [10] s[ieu]r bourg maistre d’A[msterdam] pour conseiller à Mr Volph[g]ang [11], qu’il envoya querir exprés, d’imprimer ce[t] ouvrage qu’il trouvoit bon, je croyois que son conseil tiendroit lieu de comandement mais il s’en est fortement excusé sur le grand nombre d’imp[ressio]ns qu’il a entreprises[.] Ce qui me donne lieu de vous prier avant / que je fasse revenir mon manuscrit d’Amst[erdam] de faire une tentative auprés de v[ot]re amy Mr Des Bordes [12] ou quelque autre de cette profession sur lesquels v[ot]re recommanda[ti]on peust beaucoup. Je crois que ce livre sera de grand debit[.] J’ay dessein de le dedier aud[it] Mr de Van Beunin sans parler des affaires dernieres [13]. Sur quoy je vous feray part d’un voyage que j’ay fait ces jours passez à Duvenvorde et à Amsterd[am] prenant l’occasion des petites vacances de nos jeunes barons. Je receus des asseurances du seig[neu]r Duvenvorde du desir qu’il avoit d’employer son credit et celuy de son illustre famille pour me procurer quelque etablissement* solide [14][.] Et je fus assez avisé pour prendre mon temps avant qu’on se mit à table car il y eust un grand gast* ce jour là[ ;] j’y fus caressé de ces seigneurs.

Mon voyage d’Amst[erdam] n’a pas moins bien reussi ayant eu le bonheur de voir plusieurs fois Mr Van Beunin que j’estois allé voir exprés. Il me receut à gast comme à Duvenvorde et m’accorda • ce que je luy demandois sçavoir une lettre tres obligean[te] et tres forte pour avoir la voix de Mrs d’Amsterdam pour la mesme chose[.] Cette lettre m’a esté remise en main pour des bons effects.

Pour l’autre affaire de l’impression qui n’estoit qu’accidentaire il a falu se contenter de sa bonne volonté et de ses soins.

Je prendray occasion de vous demander quelques doûtes et vos sentimens sur quelques endroits de mon d[ernie]r manuscrit 1° si vous croyez qu’on doive suivre le paradoxe de v[ot]re grand ami touchant les croisades [15] et croire que la guerre des croisez a esté maudite non sainte[ ;] pour moy je suis d’un sentiment contraire que les chr[eti]ens ont eu droit d’aller arracher à ces infidelles ce qu’ils avoient usurpé sur eux j’entens sur les empereurs d’Orient. 2. de porter la guerre contre les infidelles plutost que contre eux mesme[s.] Le grand Louis auroit mieux fait de continüer à lancer ses bombes et carcasses sur Alger dans la Morée ou sur Constantinople que sur les pauvres Flamans et Genois [16]. 3. pour l’affection qu’ils peuvent avoir fort legitimem[en]t pour la patrie de n[ot]re redempteur. Car quant aux intrigues et abus des papes là dessus c’est par accident et je les en estimerois s’ils eussent eux mesme[s] passé la mer com[m]e Pie 2 estoit en train de faire [17][.]

L’autre doûte si vous approuvez en tout le stile et les termes dont se sert Mezeray dans ses histoires[ :] abdiquer l’empire, cerner grabuche, racaille[,] inaction, éleve pour nourrisson[,] convoler à des nopces et autres[,] car je me regle à ce vieux amy[.] 3. [ sic] Si vous croyez qu’Achab eust consenti et donné les mains à Elie pour massacrer les faux prophetes de Baal car je m’imagine qu’Elie ne l’auroit pas peu sans qu’il le luy eust permis [18]. Si Jehu extermina les faux prophetes du mesme Baal pour un bon motif et [s’il ne] fut pas d’ailleurs idolatre [19].

Sortons de ces matieres / pour vous prier de faire mes baisemains à ces Mrs avec lesquels vous me priastes en gast : entre autres Mr Maurice [20][ ;] il y en a un du mesme nom[.] Je doûte si c’est Mr son frere qui a épousé à Tours une demoiselle Nanon ou Anne Norieu cousine tres proche de ma femme qui nous vint mesme voir il y a 2 ou 3 ans. Je prefereray toujours l’honeur de v[ot]re conversation et de leur compagnie aux plus friands gasts comme à celuy de l’Ecu de France où l’ecuyer Marius[,] qui est un hom[m]e que j’aime et qui a vécu long temps à Constantinople[,] m’avoit prié. Au reste je vous prie de dire aud[it] Mr Maurice en luy presentant de v[ot]re grace mes baisemains et cecy a remotis [21] et sans ban (mot lombard selon Mr Bocage[r] le hom[m]e du monde pour la jurisprudence, il est Biterrois et 90 aire) qu’il persuade à Mad lle Du Val [22] de venir voir ce pais icy. Elle y pourroit trouver un établissem[en]t tres considerable et y estre grande dame à carrosse[.] J’aime et cheris Mad lle sa mere com[m]e ma sœur sunt verba cachativa quæ terminantur in chut chut [23] disoit un vieux archidiacre de Mirepoix[.] C’est assez j’abuserois trop de v[ot]re temps

Peccarem etiam in publica com[m]oda

Si longo sermone morer tua tempora Baili [24]

Tout vostre medullitus et ex corde [25]. Je n’oublie que je dois dire que je suis avec l’estime et le respect que je dois

Monsieur vostre [tre]s humble tres obeissant et tres acquis serviteur

  Derocoles

de La Haye ce 7 aoust 1684.
Grande nouvelle qui n’est pas encore gazetée[ :] 8000 Turcs tuez. 9 chretiens seulement de tuez[,] petit miracle. 1000 chameaux de pris, le Bassa d’Offen ou Bude tué[,] 3 agas aussi [26].

Et Offen qui ne pouvoit tenir que 2 jours [c’est] ce qu’a écrit le duc de Lorraine [27][.] Je [tiens] cecy d’un auteur tres authentique et vray.

Je vous fais souvenir de l’offre que vous me fistes pour l’impression de mes memoires ou avantures car ma vie [28] est un assés agreable roman com[m]e je dis ces jours passez à Mr Lamoi [29] qui m’a

 

A Monsieur/ Monsieur Baile Professeur en philo/ sophie en l’école illustre de Rotterdam/ Logé op Lewenheit chés Mr/ Vanderos Marchand/ à Rotterdam

Notes :

[1] Rocolles, que Bayle avait connu autrefois à Genève (voir Lettres 25, n.1, 27, n.4, et 31, p.184), avait lu les premiers fascicules des NRL.

[2] Dans son compte rendu de l’ Inventa nov-antiqua, id est, brevis enarratio ortus et progressus artis medicae de Th. J. van Almeloveen ( NRL, juin 1684, art. II), Bayle explique que l’on a attribué la découverte du canal thoracique à « un médecin françois nommé Pecquet l’an 1651 ». Il s’agit de Jean Pecquet : voir Lettre 491, n.6.

[3] Joachim Pastorius de Hirtemberg, historien allemand, vivait dans la seconde partie du siècle ; il fut historiographe de Jean-Casimir, roi de Pologne : voir NBG, xxiv.797-798, et NRL, juin 1684, art. VIII.

[4] M. de Lumbres, diplomate français, fut envoyé en mission à Münster en 1645, puis à Liège, où il organisa un parti français (1646-1650). Il représenta la France auprès de l’ électeur de Brandebourg (1655-1656), puis en Pologne, et fut l’artisan du traité d’Oliva (1660), qui instaura un équilibre entre la Suède et le Brandebourg.

[5] Olivier, en religion Hilarion de Coste (1595-1664), minime, auteur d’ouvrages essentiellement biographiques : Histoire catholique, où sont décrites les vies, faicts et actions héroïques et signalées des hommes et dames illustres qui se sont rendus recommandables dans les et siècles (Paris 1625, folio) ; Les Eloges et vies des reynes, princesses, dames et damoiselles illustres en piété, courage et doctrine qui ont fleury de nostre temps et du temps de nos pères (Paris 1630, 4°), entre autres, et de biographies de Marin Mersenne, de saint François de Paule et de François Le Picard.

[6] François Eudes de Mézeray (1610-1683), historiographe de France, membre de l’Académie française, auteur de l’ Histoire de France depuis Faramond jusqu’à maintenant. Œuvre enrichie de plusieurs belles et rares antiquitez et d’un abgrégé de la vie de chaque reyne (Paris 1643-1651, folio, 3 vol.). Les préférences de Rocolles en disent long sur sa propre conception de l’histoire.

[7] Ces Scopæ philologicæ ( Glanes philologiques) semblent être restées manuscrites.

[8] Ziska le redoutable aveugle, Capitaine général des Bohemiens Evangeliques dans le penultieme siecle. Avec l’Histoire des guerres et troubles pour la Religion dans le Royaume de Boheme, ensuite du supplice de Jean Hus, et de Jérôme de Prague, lors du Concile de Constance (Leyde 1685, 12°). Bayle mentionne sans commentaire l’ouvrage dans les NRL d’avril 1685, à la fin de cat. ix.

[9] Autre ouvrage de Rocolles qui ne semble pas avoir vu le jour.

[10] Conrad van Beuningen (1622-1693), ancien maire d’Amsterdam et diplomate, se heurta constamment à Guillaume d’Orange lors des négociations avec les Anglais alors que Louis XIV menaçait d’occuper les Pays-Bas espagnols. Las de ce conflit et effrayé par un attentat en mars 1684, dont il tenait Guillaume responsable, il demanda, en juillet 1684, d’être relevé de toutes ses fonctions officielles. Au cours des années suivantes, il perdit peu à peu l’esprit, et, vers la fin des années 1680, il donna dans des spéculations millénaristes ; Bayle y fera allusion dans sa lettre à Minutoli du 14 septembre 1693 : voir J.E. Elias, De vroedschap van Amsterdam 1578-1795 (Haarlem 1903), i.512, C.W. Roldanus, Coenraad van Beuningen. Staatsman en libertijn (Utrecht 1931), et M.A.M. Franken, Coenraad van Beuningen’s politieke en diplomatieke aktiviteiten in de jaren 1667-1684 (Groningen 1966).

[11] Abraham Wolfgang (ou Wolfganck), imprimeur et éditeur à Amsterdam : voir Van Eeghen, De Amsterdamse boekhandel van 1680-1725, iv.182-185.

[12] Henri Desbordes était l’éditeur des NRL. Aucun ouvrage de Rocolles ne fut édité par Wolfgang, ni par Desbordes. Rocolles a bien composé un ouvrage où il est question des croisades : Vienne, deux fois affligée par les Turcs, 1529 et 1683, avec des réflexions historiques sur la maison de Habsbourg et sur l’origine, grandeur et décadence de la puissance ottomane (Leyde 1684, 12°).

[13] Sur les « dernières affaires » de van Beuningen à cette date, voir ci-dessus n.10.

[14] Rocolles était précepteur des enfants de Jacob Duvenvoorde, baron de Wassenaer (1646-1707), membre des Etats Généraux de Hollande, bailli et surintendant des digues de Rijnland : voir NNBW, ii.1525.

[15] Dans son Histoire du calvinisme et celle du papisme mises en parallele : ou Apologie pour les Reformateurs, pour la Reformation et pour les reformez (Rotterdam 1683, 12°, 4 vol.), 3e partie, p.60, Pierre Jurieu avait cherché à montrer que les troubles occasionnés par le calvinisme n’étaient rien au regard de ceux que l’Eglise catholique avait provoqués par l’organisation des croisades. Contre Maimbourg, il s’était dit, à propos des croisés, convaincu « que tous ces gens là n’ont pas esté inspirés du Saint Esprit, mais que la plus part ont esté possédés de l’esprit du demon » ; Maimbourg lui-même n’avouait-il pas que leurs armées étaient « composées de toute la canaille de l’Europe, de moynes libertins qui jettoient le froc pour prendre les armes, de femmes impudentes qui prenoient des habits d’hommes, de debauchés, d’athées, d’impies et de gens qui n’avoient aucun sentiment de religion » (p.61) ? Jurieu récrit l’histoire des croisades et y insère des notations morales et théologiques : « il estoit mesme si fatal à l’esprit de croisade de devenir un esprit de fureur et d’impureté que les meilleurs s’y corrompoient » (p.62) ; « les troubles que le calvinisme a causés et les hommes de la mort desquels il a esté occasion ne monstrent plus gueres auprés des desolations et des maux causés par les trois premieres croysades » (p.75) ; en 1268, « les divisions et les horribles corruptions qui regnoient entre ces restes de croysés et dans leurs villes acheverent de les ruïner, et Dieu laissa tomber sur eux les derniers eclats de sa foudre » (p.91).

[16] A propos de la Nouvelle maniere de fortifier les places de Nicolas-François Blondel, Bayle évoque ( NRL, juin 1684, cat. vii) L’Art de jeter les bombes qu’avait publié cet auteur. L’ouvrage, dit-il, mériterait d’être réimprimé, « mais il seroit encore plus à souhaitter, que tous les chretiens renonçassent de concert à une maniere si rigoureuse de faire la guerre. Ce seroit d’autant plus juste qu’on fait de grands desordres par cette invention, sans remporter aucun avantage décisif ; car encore que les François ayent porté cet art à un degré de perfection extraordinaire et qu’ils l’exercent de la plus terrible maniere qui se puisse concevoir, ils n’achevent pourtant quoi que ce soit par cette voye. Leurs deux voyages d’Alger n’ont point réduit ces corsaires à la raison ; ce n’est que depuis la retraite de la flotte, qui ne doit plus aller en Barbarie, que la paix a été concluë avec ces pirates. Oudenarde n’a point changé de maître pour avoir été bombardée. Luxembourg, qui l’avoit été prodigieusement, n’en a pas été pour cela plus aisée à conquerir, puis que de toutes [les] villes que les François ont prises depuis vingt ans, il n’y en a point qui ait fait durer le siége autant que celle de Luxembourg. On eût dit que les François avoient oublié le métier pendant les trois ou quatre campagnes qu’ils ont passées sans guerre ouverte. Tout fraîchement la ville de Genes, qui a essuyé un tonnerre épouvantable de bombes, n’a pourtant rien accordé de tout ce qu’on lui demandoit, et on l’a quittée sans en obtenir aucune sorte de soûmission. »

[17] Pie II (1458-1464) avait publié une bulle de croisade le 14 janvier 1460. Espérant entraîner à sa suite les souverains chrétiens, le pape proclama cette croisade le 22 octobre 1463 en annonçant qu’il se mettrait lui-même à sa tête : voir R. Aubenas et R. Ricard, Histoire de l’Eglise, t.15 : L’Eglise et la Renaissance (1449-1517) (Paris 1951), p.63.

[18] Après la confrontation entre Elie et les prophètes de Baal, confrontation qui ridiculise ces derniers, le prophète ordonne qu’on s’en saisisse et qu’on les égorge (1 Rois 18, 20-40). Or le roi d’Israël Achab, qui avait épousé Jézabel, adorait Baal.

[19] Après avoir fait tuer Jézabel et la famille d’Achab, le roi d’Israël Jéhu avait organisé une fausse cérémonie religieuse en l’honneur de Baal. Il offrit lui-même un holocauste avant d’ordonner à ses hommes de tuer tous les prophètes de Baal (2 Rois 10, 18-27).

[20] Rocolles avait donc rendu visite à Bayle, qui l’avait invité à un banquet ; M. Maurice, dans l’entourage de Bayle, est l’intermédaire entre Justel et Bayle : voir Lettre 292, n.2.

[21] a remotis : « à part ».

[22] Sur Jean Bocager (1681-1687), jurisconsulte, né à Béziers, voir Lettre 588, n.2. Nous n’avons su identifier plus précisément Mlle Du Val.

[23] On peut supposer que dans ce dicton burlesque le mot de « cachativa » se compose de la racine du verbe français « cacher » ou du provençal « cachar » affublée d’une terminaison à apparence latine. On pourrait traduire la phrase complète : « c’est parler à mots couverts qui se terminent en chut ! chut ! ».

[24] Voir Horace, Epîtres, ii.1.3 : « Je nuirais à l’intérêt public si avec une longue épître j’occupais votre temps, ô César ». Rocolles remplace « César » par « Bayle ».

[25] medullitus et ex corde : « du fond du coeur » ; le latin dit deux fois la même chose ou presque.

[26] « Bassa » ou « bas » signifie chef ; « Aga » est un titre désignant un chef, civil ou militaire. Voir M.F. Viallon, Venise et la porte ottomane (1453-1566), un siècle de relations vénéto-ottomanes de la prise de Constantinople à la mort de Soliman (Paris 1995), qui contient un glossaire turc.

[27] Il s’agit ici de Charles V (1643-1690), duc de Lorraine en 1675 alors que la Lorraine était occupée par la France. Il trouva refuge chez les Habsbourg et, en 1678, épousa l’archiduchesse Éléonore-Marie (1653-1697), fille de Ferdinand III (voir Lettre 121, n.14). Entré au service de l’empereur, Charles V participa, en 1683, à la tête d’un contingent impérial, à la prise de Vienne. En mars 1684, une Sainte-Ligue fut conclue entre le pape, l’empereur, le roi de Pologne, la république de Venise et le tsar de Russie contre les Turcs. Louis XIV, qui envisageait une alliance franco-ottomane, refusa d’y adhérer. L’offensive principale, dont il est certainement fait mention ici, fut menée dans la plaine hongroise : l’armée impériale, sous les ordres de Charles V, s’avança jusqu’à Pest, mais ne parvint pas à prendre la forteresse de Buda, qui domine le Danube. Buda ne fut délivrée qu’en 1686. Voir la Gazette, extraordinaire n° 41 du 2 août 1684 : « Relation de ce qui s’est passé à la prise de Vicegradt et de Weitzen par les Impériaux, et dans les deux combats donnez entre leurs troupes et celles des Turcs, le 17 et le 27 du mois de juin dernier » ; extraordinaire n° 44 du 14 août : « Le siège de Bude avec les nouveaux avantages remportez par les Impériaux sur les Turcs, le 20 et le 22 du mois dernier » ; extraordinaire n° 46 du 23 août : « La suite du siège de Bude et les particularitez de la prise de la forteresse de Wiérowitz par les Impériaux », et l’ordinaire n° 49, nouvelles de Vienne du 20 août 1684.

[28] La vie de Rocolles fut, en effet, pleine de péripéties inattendues, mais il n’a pas publié ses mémoires.

[29] Ce nom est mal écrit ; il se peut qu’il s’agisse d’ Etienne Le Moyne, le correspondant de Bayle, professeur à Leyde : voir Lettres 61, n.6, et 310, mais cette conjecture est incertaine.

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